La Kabylie du rebelle kabyle Matoub LOUNES
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Tamazgha

C’est pour quand l’union des Etats de Tamazgha?

Alors que la mondialisation avance à grands pas, pour englober tous les domaines de la vie des hommes dans tous les pays du monde, ceux-ci pour tirer profit de cette mondialisation et éviter ses inconvénients, ne cessent pas de se regrouper en construisant des régions mondialisées solides capables de défendre les intérêts de leurs membres. A quand l'union des états de Tamazgha?

Mais, il semble que les Etats, comme les êtres humains, ne sont pas tous intelligents pour prendre les mesures nécessaires pour garantir un avenir mieux que le présent. C'est le cas des Etats de Tamazgha, du Grand Maghreb qui refusent d'ouvrir les yeux pour affronter la réalité atroce de la mondialisation. Ce qui est pire dans cette situation c'est leur destination à s'allier politiquement, culturellement et socialement avec un Machrek qui ne présente aucune perspective réelle de développement de nos Etats. Le moment est venu pour faire sortir la vérité au soleil: La coopération étroite que les Etats du Maghreb (Tamazgha) tissent avec le camp du Machrek est désastreuse pour la société de l'Afrique du Nord (Imazighen surtout). L'hypocrisie de la ligue arabe et ses théories du nationalisme arabe ne tient plus debout.

Il est temps que le Maroc, l'Algérie, la Tunisie, la Mauritanie et la Libye se retirent immédiatement de cette institution fantôme et rejettent pour toujours les fantasmes du Machrek qui n'ont rien à faire sur la terre du Maghreb. Dores et déjà il faut s'occuper des vrais questions qui se passent à nous sans complexe. Les exemples autour de nous ne manquent pas: l'union européenne qui compte désormais 25 membres et nous tourne brutalement le dos; MERCOSUR (qui regroupe le Brésil, Argentine, Paraguay, Uruguay, Chili et Bolivie) qui essayent de bâtir une communauté régionale solide face aux Etats-Unis. Il y a aussi tout récemment le groupement régional qui s'appelle la communauté économique eurasienne (Russie, Biélorussie, Kazakhstan, Kirghizstan, Tadjikistan) pour faire contrepoids à l'union européenne.

Il y a aussi l'association des nation du Sud-est asiatique (Ansea) qui regroupe Thaïlande, Philippine, Malaisie, Singapour, Indonésie, Vietnam, Laos, Cambodge, (qui va accueillir la Chine, le Japon et la Corée du sud). Chaque Etat cité ci-dessus fait des efforts considérables pour s'intégrer dans sa communauté régionale. Les observateurs internationaux dans la géopolitique estiment très sérieusement que ces communautés régionales seront les prochains acteurs politiques et économiques mondiaux face à l'Amérique du nord et l'union européenne. Chaque région connaît bien sûr les problèmes sans fin provoqués par les deux puissances américaine et européenne, mais heureusement il existe dans chacune dans ces communautés régionales un Etat fort qui résiste pour sauvegarder la continuité de la communauté, ainsi pour le Mercosur, c'est le Brésil qui tient le rôle, au sein de l'ensemble, au sein de l'eurasienne c'est la Russie et la Biélorussie qui garantissent aux autres Etats membres la continuité du modèle et enfin au sein de l'Ansea on attend avec impatience l'entrée de la Chine et du Japon pour dynamiser encore plus la région asiatique.

Devant ce mouvement international de regroupement, les Etats du Maghreb croisent les bras et attendent que l'occident leur verse quelques dollars ou quelques euros, non pas pour les aider, mais pour consolider encore leur subordination à lui. En plus, ils suivent des théories d'u Machrek qui n'a d'existence réelle que par le pétrole qu'il produit. A part ça, il n'a que l'obscurantisme et la décadence perpétuelle à nous envoyer. Devant ce constat, que faut-il faire pour sortir notre terre de ce désastre dans lequel elle s'enlise de plus en plus profondément?

La réponse à cette question est à la fois facile et compliquée. Facile parce que la région du Maghreb a plusieurs atouts considérables qui lui permettent de devenir un acteur mondial, et compliquée parce que la classe dirigeante des Etats du Maghreb ne sont prêts du tout à bouger pour changer les chose, alors que la construction d'une communauté régionale quelconque doit être garantie par des Etats forts capables de jouer leur rôle de régulation et de protection. Mais lorsqu'on parle de la construction du Maghreb aujourd'hui, on ne trouve rien à dire, tout simplement parce que le Maghreb en tant que tel n'existe pas. Il n'a jamais existé. Ce n'est pas la rencontre sourde de souverains réunis dans des conseils qui crée une entité. Il faut véritablement créer le Maghreb, qu'il se manifeste à lui-même d'abord et au monde après et qu'il ait confiance dans son propre avenir.

Lorsqu'on parle du Maghreb, on parle de Tamazgha, cet espace géographique riche par sa diversité climatique, ses ressources, sa beauté et ses habitants. Cet espace a été habité depuis la nuit du temps par les caspiennes à l'époque paléolithique moyen. Ensuite c'est une civilisation néolithique fantastique qui va s'épanouir au Sahara d'Algérie (A l'époque le Sahara d'aujourd'hui n'avait pas d'existence). Du XIX au IV siècle avant Jésus Christ, imazighen entrent en contact avec les peuples de la mer, ce qui leur permettait de s'ouvrir au monde qu'ils découvrent avec leurs voisins méditerranéens. En 1250 av.j.c les carthaginois vont dominer les côtes de Tamazgha, alors que l'intérieur est dominé par les chefs de Numidie en Algérie et au Maroc.

Ces derniers vont s'unifier pour bâtir le royaume de Numidie en 203 av.j.c sous l'autorité de Masinissa qui allait du territoire de Carthage jusqu'à la Moulouya à lest du Maroc. Dans ce dernier c'est le même peuple amazigh qui règne mais sous un deuxième royaume, la Mauritanie. Puis c'est l'annexion romaine qui va commencer. En 429 av.j.c c'est l'invasion vandale qui va prendre le relais. En 533 ap.j.c ce sont les byzantins qui vont essayer leur domination à leur tour. En 680 ap.j.c c'est la conquête arabe qui va rencontrer comme les autres envahisseurs, la résistance amazighe jusqu'au VIII siècle. Depuis c'est une succession de dynasties arabes ou amazighes musulmanes qui vont régner sur la région (Rustumide, aghlabide, kharidjite, fatimide, almohade, almoravide, hafside, marînide….) jusqu'à la dynastie alaouite au Maroc et les régimes républicains en Algérie, Tunisie, Mauritanie et Libye en 2003.

Ainsi l'histoire de Tamazgha nous permet de dire et d'affirmer avec confiance que toutes les sociétés vivant aujourd'hui sur cette terre ont la même identité et la base culturelle nécessaire pour commencer la construction du grand Maghreb. Tout d'abord, il faut se mettre d'accord sur certains principes sacrés pour ne pas commettre les erreurs d'hier. Ainsi, il faut adopter dans toute déclaration, discours ou projet concernant celle-ci l'appellation authentique et originel de cette terre sur laquelle nous vivons, c'est-à-dire "Tamazgha" parce que toute autre dénomination rendra inutile tous les efforts qui doivent être effectués en la matière. Parce que ce nom est un gage de respect extrême à tous ceux qui ont sacrifié leur vie et biens pour garder sa dignité et sa liberté depuis le début de l'histoire. Seule cette reconnaissance de tamazgha permettra de garantir un autre principe, celui d'égalité de tous les citoyens de Tamzgha quelque soit leur origine ethnique (amazighe ou arabe) et quelque soit leur nationalité. Seul le respect de ce principe permet le passage en douceur d'une identité nationale à identité de lieu.

De quelque côté qu'on se trouve, dans la situation actuelle de Tamazgha, on ne rencontre que les impasses, qu'il s'agisse des problèmes incessants autour du Sahara entre l'Algérie et le Maroc, de la continuation des massacres sanglants de la population civile en Algérie, de la folie exagérée de la classe dirigeante libyenne, de la place même de tamazgha dans l'Afrique continentale et dans le monde: une action concrète et résolue, portant sur un point limité mais décisif, qui entraîne sur ce point un changement fondamental et modifie les termes mêmes de l'ensemble des problèmes.

Il faut changer le cours des événements. Pour cela, il faut changer l'esprit des hommes. Les paroles n'y suffisent pas. Seule une action profonde, réelle, immédiate portant sur un point essentiel peut changer l'état statique actuel. A vrai dire, il est tout à fait absurde que des sociétés ayant les mêmes origines ethniques, culturelles et linguistiques, et qui pratiquent presque la même religion, et qui ont la même histoire et qui vivent depuis des siècles sur le même espace géographique n'arrivent pas à communiquer librement entre eux sans préjugés ni complexe. Il est tout à fait absurde que des Etats aussi identiques que les notre pratiquent le dialogue des sourds entre eux. Certes, chaque Etat a le devoir suprême de protéger son intégrité territoriale en traçant des frontières précises et claires délimitant les débuts et la fin de leur souveraineté nationale.

Mais cela ne veut pas dire rester enfermé dans ses frontières. C'est le problème politique délicat. Comment transcender la frontière sans heurter la sensibilité des Etats? Comment transformer al frontière comme ligne de partage en zone de contact? D'échange et de solidarité entre les Etats et les peuples. Bien sûr, il ne s'agit pas ici d'effacer les frontières ethniques et politiques. Elles sont une donnée de l'histoire, et nous n'avons la prétention de corriger l'histoire. Ce que nous voulons, c'est enlever aux frontières leur rigidité, leurs caractères hostiles. Pour arriver à ce but, nous devons cultiver une conscience fondée sur le fait que l'existence des Etats et les peuples de Tamazgha est en jeu. Alors c'est pour quand l'union de tamazgha tant désirée pour lutter contre la peste noire: l'onscurantisme islamiste, et la peste blanche: la corruption de l'Etat.

Par: Laaziman Abdelaziz Anwal (Meknass), www.tawiza.net


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