La Kabylie du rebelle kabyle Matoub LOUNES
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Les Kabyles ont gagné

Abdelaziz Bouteflika a annoncé, dans un discours radiotélévisé, la reconnaissance du berbère comme "langue nationale". Le président algérien tente ainsi d'apaiser la Kabylie à l'approche des élections législatives du 30 mai 2002.

“Enfin, la cause est entendue. La Kabylie a gagné”, s’enthousiasme “Liberté”. En effet, poursuit “La Tribune”, “le président Bouteflika a annoncé, mardi, dans un discours radiotélévisé, la reconnaissance du tamazight, la langue berbère, comme ‘langue nationale’, ainsi que des sanctions contre les gendarmes” impliqués dans la répression des émeutes qui émaillent depuis un an la région de Tizi Ouzou, à l’est de l’Algérie.

Pour “El Watan”, c’est encore “peu et cela vient bien tard ; cependant une porte s’entrouvre légèrement devant la crise en Kabylie”. Le discours du président Bouteflika cherche, à l’approche des élections législatives, à apaiser la Kabylie en rupture avec Alger. A la suite de la mort dans une gendarmerie de Beni Douala d’un jeune Kabyle en avril 2001, des émeutes avaient en effet éclaté, faisant officiellement 60 victimes et plus de 2 000 blessés dans l’ensemble des wilayas kabyles. Ainsi, cette période de troubles a poussé le Conseil des wilayas kabyles à annoncer le boycott des élections du 30 mai 2002.

Fin de l’oppression d’une culture millénaire

Du coup, en adoptant une partie des revendications kabyles, Bouteflika en finit, selon “El Watan”, avec “la diabolisation du mouvement citoyen”, représenté par l’Assemblée des villageois de Kabylie. Pour autant, le quotidien d’Alger regrette la lenteur de réaction du président algérien. C’est “juste après la mort du jeune lycéen que le chef de l’Etat aurait dû intervenir efficacement. En ne le faisant pas et en recourant à des subterfuges, pendant des mois entiers, il a jeté de l’huile sur le feu.”

Cependant, les émeutes se poursuivent en Kabylie, l’annonce de Bouteflika étant ressentie comme insuffisante. La demande d’un retrait des gendarmes de la région a en effet été refusée par le président. Selon le chef d’Etat, “Il est inconcevable d’exiger le démantèlement de la gendarmerie alors que le pays tout entier poursuit sa lutte contre le “terrorisme barbare” et les autres formes de criminalité.”

Pour autant, “Liberté” préfère se réjouir. “Le déni de justice à l’égard d’aspirations justes, le confinement d’une langue dans le folklore et l’oppression diffuse d’une culture millénaire ne pouvaient perdurer éternellement.” Reste que cela ne plaît pas à tout le monde. En effet, la reconnaissance de la langue tamazight déplaît farouchement aux arabophones, majoritaires dans le pays. Bouteflika ne le cache d’ailleurs pas. “Si j’écarte aujourd’hui le référendum populaire sur la reconnaissance de cette langue, c’est que je continue de craindre que sa réponse ne soit pas nécessairement positive.”

Faire avancer la démocratie

Cependant, comme le remarque “La Tribune”, “Abdelaziz Bouteflika a libéré sa conscience et accompli son devoir envers l’Algérie et le peuple algérien”. “Reste encore, selon “Liberté”, à donner un contenu concret aux engagements de la République.” Car, pour l’instant, le président algérien se borne à annoncer “la promotion et le développement du berbère dans les domaines de l’éducation, de la culture et de la communication”.

Cependant, le quotidien ne cache pas sa joie face à cette avancée sans précédent du président Bouteflika. “Après cette victoire, à la veille des élections législatives, la Kabylie et l’Algérie font d’une pierre deux coups. Elles se réapproprient leur mémoire, esquissent un autre devenir et font avancer la démocratie.”

Ph J © Courrierinternational.com


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