La Kabylie du rebelle kabyle Matoub LOUNES
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A Massinissa et à tous les Massinissa

Ô rage, ô désespoir, ô turpitude ennemie, l'Algérie vit-elle, elle vainqueur du colonialisme et de l'intégrisme que pour subir cette infamie ? Et voilà que pour la régenter, on instaure une nouvelle formule qu'est le népotisme éclairé, à savoir qu'avec une justice tout indépendante, selon les textes, des lois et des mesures pour les amis, mais aussi pour ceux qui le sont moins. Autant les besogneux des basses causes ignorent les textes qui régissent les associations professionnelles et les syndicats, bien que la signature de ratification de l'Etat algérien figure dans les registres de l'Organisation internationale du travail. Que peut-on de plus pour garantir la fiabilité d'une loi ?

Que « nenni », répondent aux professeurs protestataires, vous n'êtes pas agréés, deux ministres dont l'un ancien magistrat et de surcroît syndicaliste chevronné. Qu'importe le prix de la farce, un trimestre scolaire perdu, si peu de choses pour qui ignore les vertus de l'école !

Ne voilà-t-il pas qu'un groupe d'hurluberlus, dont l'un en même temps que cynophile, arabophile, kabylophobe, chaouiphobe et parfois diplomate, un autre de moins en moins islamophile parce que l'image n'est plus de mode et quelque peu mal vue de par le monde et qui a abandonné pour autant ses études sur les lettres persanes et d'autres tout à l'image du vizir Iznogoud forment un groupe dit de redresseurs. Ce groupement dans ses idées de rénovation zélée ne va pas sans rappeler les géniales innovations du ministre « Hamid-la-Science » dans ses grandes uvres de restructuration. Les premiers essais de remise à jour opérés par nos nationalo-fondamentalisto-modernistes, malgré l'aide de dobermans, furent infructueux, cela s'appelle un échec tactique. Qu'à cela ne tienne, on fait appel à notre justice indépendante en cliquant sur la touche « R », car celle-là a une boîte de sélection automatique, toutes deux indépendantes l'une de l'autre, c'est cela le népotisme éclairé.

Le résultat fut rapide ; ni la qualité des mandants, ni le bien-fondé de la chose, ni la compétence du tribunal et encore moins une surcharge de travail ne purent empêcher « le redressement » de se prononcer.
Comment peut-on oublier le sort de ces femmes violées par les terroristes, dont le devenir fut pendant longtemps ballotté entre les tribunaux et les ministères, entre les muftis des plus sereins (s'il en fût) aux plus sinistres, malgré l'urgence et la gravité de la chose, pour qu'enfin un ministre de la Santé, dont ce n'est point le rôle, enfante une loi ? Quant aux violeurs punis par la loi, pour le verdict cliquez sur la touche « A ».
A propos de Massinissa, ce nom que certaines communes refusent d'enregistrer à tel point que les débats en justice prennent souvent plus de temps qu'il en a fallu à C. A. Julien pour étudier Ibn Khaldoun et écrire l'histoire de l'Afrique du Nord et décrire les mérites de cet empereur. Tout cela parce que des gens parfois honteux de porter des noms illustres, même de l'histoire contemporaine de la révolution algérienne, pour s'appeler Abou Ce qui ne les empêche guère de se dire nationalistes et souvent d'être ministres.

Toujours à propos de Massinissa, il s'agit cette fois de ce jeune et bel adolescent, tué et sans raison, plus grave encore dans les locaux des forces judiciaires. Il serait aisé d'absoudre un ministre de la police qui absout les lynchages de « jeunes voyous » dans ses locaux, il lui suffirait d'indiquer aux profanes la touche sur laquelle cliquer pour activer la justice et la rendre plus juste, sans doute que Mohamed Benchicou en profiterait.

En même temps que ce jeune lycéen, 120 ou 135 autres jeunes auraient été tués, ceci est l'expression d'un homme politique, compter les crimes comme on compte les douzaines de chaussettes ceci seul un dieu impotent pourrait le pardonner.
En applaudissant les résultats du 8e congrès du FLN, les congressistes ne savaient pas que nombre d'entre eux allaient peu après manifester pour son invalidation.
En effet, comment peut-on demander à un mercenaire de respecter un drapeau. Devrions-nous attendre la fin de la cavale ? L'expérience du grand Saddam est si récente !

N'oublions pas que « Hamid-la-Science » s'est très vite, sous d'autres cieux, retourné contre ses protecteurs nourriciers, peut-être que la veulerie qui fit dire à certains sociologues « la régression féconde » trouvera ici terrain d'application en amenant un super parti à de plus justes proportions et peut-être à une vraie démocratie, car il est de fait que le FLN est le patrimoine de tous les Algériens et que le nationalisme est une foi qui n'a pas besoin de signe ostensible pour être. « En effet, on ne demande pas au juge des actes de bravoure. On exige de lui de rendre des décisions conformes au droit » (1).

De fait, depuis Massinissa l'empereur, l'ancêtre des Adherbals, même si l'un de ses avatars s'en dénie, le refus du déni de justice reste et restera la devise de l'Algérie jusqu'aux autres Massinissa à naître dans le futur.
Oran, le 30 décembre 2003
Noureddine Bensaddek
(1) Leïla Aslaoui, Le Soir du 26.12.2003, source : le matin-dz.net


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