La Kabylie du rebelle kabyle Matoub LOUNES
ACCUEIL | KABYLIE | CULTURE | MUSIQUE | PHOTOS | FORUM
Actualité
Culture
Femmes
Etudiants

Je connais la Kabylie de M. Mammeri

M. JEAN DANIEL, DIRECTEUR DU NOUVEL OBSERVATEUR, À LA DÉPÊCHE DE KABYLIE

M. Jean Daniel, directeur du Nouvel observateur et grand écrivain et analyste français, rencontré à Timimoun dans le cadre du 1er festival des cultures des peuples des déserts organisé par la fondation Déserts du monde, dont il est le parrain, se confie à nous et répond à plusieurs questions qui relèvent de l'actualité.

LA Dépêche de Kabylie : La France vient d'approuver l'interdiction du voile dans les établissements scolaires. Ne pensez-vous pas qu'il s'agit là d'une atteinte aux droits de l'homme et plus exactement aux libertés ?

Jean Daniel : Je trouve scandaleux le fait que des femmes qui luttent pour leur émancipation ne comprennent pas cette décision prise par la France. Les gens l'ont mal comprise et mal interpréte. Il ne s'agit, en aucun cas, d'une critique contre l'Islam. La France a offert, au fait, aux petits enfants, garçons et filles français et aux filles musulmanes, sur le plan de l'égalité, la même apparence pour en garder un souvenir d'enfance qui soit un souvenir de fraternité. L'interdiction du port du voile peut être favorable à l'émancipation de la femme. Ce que les gens ont aussi oublié et même provoqué une confusion, c'est que, quand vous allez chez quelqu'un, vous devez respecter ses traditions et mœurs, et le voile est contraire aux traditions de ce pays qu'est la France.

Parlons de la guerre d'Algérie. Après 41 ans d'indépendance, des généraux français décident de sortir de leur mutisme en reconnaissant les tortures perpétuées à l'encontre des Algériens. Pensez-vous pas qu'il y en quelque sorte un sentiment de regret ?

Tout à fait ! En ce moment, les gens se demande pourquoi il y a eu cette guerre. Les gens essayent d'oublier. Je ne crois pas maintenant que cela relève d'une condamnation de justice. Ce que je crois plutôt c'est que la condamnation sera morale et elle sera de toute la nation française qui refuse fortement la torture et également que des Algériens soient torturés par d'autres Algériens.

Connaissez-vous Abane Ramdane ?

Comment ne pas connaître cette personnalité historique.

Dernièrement, l'ex-président algérien Ben Bella l'a accusé publiquement de traître. Quel commentaire faites-vous ?

Abane Ramdane ! (Rire ironique) Il s'agit là d'une plaisanterie, je ne crois pas et ne croirais pas à un seul instant à cela.

La région natale de Abane Ramdane se trouve actuellement dans une période décisive. Le gouvernement s'apprête à lancer le dialogue avec les archs pour le dénouement du conflit. Pensez-vous que le dialogue serait la clé du dénouement de ce problème ?

Tout le monde est pour le dialogue. On ne peut s'en passer en aucun cas. Le dialogue doit être, inéluctablement, privilégié à la violence en toute circonstance. Pour ce qui est de la région de la Kabylie, ce qui est important maintenant, c'est de faire savoir ce qu'on peut faire de la langue. Ce qui compte également, c'est l'avenir de tamazight, c'est la préservation de la lutte de mon grand ami Kateb Yacine. C'est déjà un acquis. La langue est désormais inscrite dans les programmes de la nation comme langue nationale.

Vous êtes aujourd'hui à Timimoun dans le cadre du 1er festival des cultures des déserts du monde. Comptez-vous prolonger votre séjour pour aller en Kabylie ?

Timimoun est une très belle région qu'on doit sauvegarder. Les peuples des déserts doivent œuvrer pour le développement durable. Pour ce qui est de la région de la Kabylie, elle me fait souvenir mon enfance. Quand j'étais au collège à Blida, j'avais beaucoup d'amis kabyles. Tous les membres de la famille Oussedik sont mes amis. À chaque génération, il y avait quelqu'un dans ma classe. Ce qui est impressionnant et curieux, c'est que mes amis kabyles était très brillants en français. Ils étaient toujours les premiers. Je me souviens également de Tikjda, cette région qui est située pas loin de Tizi Ouzou. J'étais très heureux de découvrir la beauté de cette région où nous avons fait du ski. Et puis, je connais la Kabylie de Mouloud Mammeri, celle de la colline oubliée, je connais la Kabylie de la révolution et la Kabylie des grand chanteurs.

Quel est le chanteur kabyle que vous préférez ?

Évidemment, c'est celui qui a été assassiné, Matoub Lounès. Au fait, je l'ai rencontré une fois dans le cadre du festival littéraire à Ville-Neuve-sur-Lot et j'étais très impressionné.

Propos recueillis par Wassila Ould Hamouda


FORUMS
Music
Poésie
Tchatche
Rencontres
© Kabylie 2015 | Charte | Recommandez-Nous | Plan | Archives | Contact