La Kabylie du rebelle kabyle Matoub LOUNES
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Attab SAID : Un poète kabyle témoin de son temps

Beaucoup de poètes ne parlent pas trop et quand ils parlent ils disent. Saïd Attab, le poète kabyle, en est un. La versification reste son arme de prédilection pour taquiner le sort qui a fait pousser des ailes aux démons et aux opportunistes malveillants, qui font feu de tout bois. Saïd ne parle que très peu et il n'aime pas la scène et c'est par son silence, parfois, qu'il dit tant de choses en faisant sienne le proverbe selon lequel, la parole est d'argent, le silence est d'or. Pourtant , c 'est lui qui a dit dans un de ses poèmes qui font sa célébrité, du moins dans la région de Boghni et Dra El Mizan, ce qui suit : Edjdjet-iyi-ad-inigh awal awal iwzen am duru Ghas akken ur yesii azal Maana d asfr ad yelhu Edjdjet-iyi ad inigh awal Deg umezruy ad at-naru

Permettez moi de dire un mot ce mot très bien façonné Bien que démuni de sens Ne saura être que poème Permettez-moi de le dire Et l'histoire sûrement le retiendra Cet extrait d'un de ses poèmes, intitulé Tilelli Umenay (Liberté d'expression), est un prologue de dénonciation de l'embrigadement et de la confiscation de la liberté d'expression, prise dans les rets des chasseurs de vertus et mise dans les plus profondes des géoles. Ce natif de Boujana, dans la commune d'Assi-Youcef en 1965, semble trouver en la muse une bonne partenaire depuis sa tendre jeunesse. Il ne pense guère la trahir tant qu'elle ne songe pas à le quitter. Il se distingue parmi les jeunes de son âge, par la force du verbe qui de traite de la sagesse, de la disparition des valeurs humaines, de la liberté et tant d'autres thèmes passés au crible, grâce à son sens d'imagination rigoureux.

Topographe de formation, Saïd est actuellement cadre à la direction du Cadastre de Tizi Ouzou. Un métier où la précision, la minutie et la bonne vision sont irremplaçables et indispensables, d'où cette précision et cette vision des choses d'un œil attentif. Elément actif et calme à la fois, Saïd a fait le bonheur d'associations culturelles pour lesquelles il a voué tout son savoir-faire et son intelligence. Les associations Umlil d'Assi Youcef, Taneflit de Dra El Mizan et Afus Deg Wfus de Boujana à Assi Youcef. Dans cette dernière, il a été la colonne vertébrale et quand il a rendu le tablier, c'est toute l'association qui en pâtit avant de rendre la clef. Infatigable encadreur de la troupe théâtrale de cette association, au point d'être considéré "le père spirituel" de ses éléments qui lui doivent

un respect inégalable. Saïd a, en dépit d'une responsabilité professionnelle, pris son bâton de pèlerin pour fouler toutes manifestations culturelles et festivals de poésie d'où il ne revient jamais les mains vides. Prix d'encouragement aux poésiades de Béjaïa en 1994, lauréat du flambeau d'argent au festival d'Aït-Yenni en 1998 et 2e prix au festival-poésiades de Béjaïa en 1999. Comme il a

été plusieurs fois membre de jury dans des concours locaux. Contrairement aux spéculations au sujet de la poésie kabyle d'aujourd'hui, Saïd estime qu'elle est en progrès dans les domaine thématique et celui de la recherche. On emploie de plus en plus de métaphores, ajoute-il, et tant qu'il y a des poètes de la trempe de Hamid Oubagha, Yahiaoui Ahmed, Madi Karim et autres, on ne peut qu'être optimistes pour cet art. Mais dit-il, les festivals de poésie doivent permettre plus d'échanges entre poètes, en créant des ateliers de recherche et en faisant participer des spécialistes et des universitaires. Il faut plus de considération à la poésie.

Et quand les organisateurs ne la prennent pas au sérieux, que peut-on attendre comme résultat ? Selon lui, l'artiste est le témoin de son temps. Par ailleurs il regrette la négligence de cet art par les éditeurs qui n'encouragent pas la chanson à texte, et il dénonce haut et fort ceux qui veulent mettre des œillères et embrigader la poésie dans des thèmes, des rimes et des structures bien définis. Et pourquoi pas la poésie libre en kabyle ? Conclut-il. Par simplicité innocente et humilité consciente, Saïd a préféré se taire le temps d'une absence d'inspiration, pour être fidèle à sa ligne de conduite, pour ne pas trahir la qualité de sa poésie métaphorique, qui ne laisse personne insensible, en attendant que la muse retrouve son chemin. Disons, qu'un poète ne doit pas s'arrêter en si bon chemin.

Salem Amrane


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