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Algérie : M. Bouteflika officialise sa candidature à l'élection présidentielle

C'est avec une bonne longueur d'avance sur ses rivaux que le président-candidat Abdelaziz Bouteflika s'est lancé officiellement, dimanche 22 février, dans la course à l'élection présidentielle du 8 avril. La campagne électorale ne s'ouvrira que le 18 mars, mais le président bat déjà le rappel depuis des mois, avec un succès indéniable. "Ce n'est pas lui qui a souhaité briguer un second mandat, c'est le peuple algérien" : tel est le message qui a été matraqué par les médias publics ces derniers temps. "Continuez, monsieur le Président, la jeunesse est avec vous !", titrait ainsi à la une, il y a quelques jours, le quotidien gouvernemental El Moudjahid, ou encore "Bouteflika, la force tranquille".

Après avoir sillonné tout le pays, le chef de l'Etat s'apprête à recommencer, coiffé, cette fois, de sa casquette de candidat. A Mostaganem, Oran, Adrar ou Tamanrasset, les élus locaux ont reçu des "enveloppes complémentaires" pour le développement de leur région, tandis que les zaouïas, ces confréries religieuses tombées dans l'oubli depuis l'indépendance, faisaient l'objet d'attentions redoublées. A l'opposition, qui l'accuse d'utiliser les deniers publics pour s'attirer des voix, le président répond qu'il est dans son bon droit : ne puise-t-il pas dans un fonds spécial d'aide aux willayas (départements) mis en place il y a quelques mois ? "Et puis, entre nous, quel candidat n'agirait pas exactement de la même façon s'il était à la place de Bouteflika ?", interroge, sans complexe, un membre de son cabinet.

PERÇU COMME UNE VICTIME

Imperméable aux critiques, le chef de l'Etat poursuit son objectif : obtenir un second mandat, envers et contre tous. Tous ? Pas tout à fait. Si la presse privée continue de déverser sur lui et son "clan" des flots d'accusations, parfois même des torrents de boue, s'il est notoire que la plupart des généraux ne le portent pas dans leur cœur, beaucoup, au sein de la population, ne lui sont pas hostiles, loin de là.

La confiscation de la télévision publique ? "C'est le droit du président de se faire entendre", vous répond-on tranquillement. La distribution à tous vents des "enveloppes complémentaires"? "Bouteflika ne fait que rendre l'argent volé au peuple !", réplique-t-on. Bref, le président sortant est, pour l'heure, davantage perçu comme une victime que comme un ennemi par l'homme de la rue.

Est-ce à dire que le taux de participation sera élevé, le 8 avril ? C'est peu probable. Beaucoup, parmi les personnes interrogées, ne se sentent pas vraiment concernées par ce scrutin. Et celles qui ont l'intention d'aller voter disent le faire "pour les papiers". Pour obtenir un certificat de résidence, par exemple, il faut souvent, disent-elles, présenter sa carte d'électeur muni d'un tampon de vote.

Mais ce n'est pas le seul des nombreux paradoxes qui agitent l'Algérie. La "neutralité" affichée par l'armée dans cette élection, loin de clarifier la situation, la complique singulièrement. Les candidats de l'opposition, en particulier l'ex-premier ministre Ali Benflis, secrétaire général du FLN (Front de libération nationale) et principal rival du chef de l'Etat, ou Ahmed Taleb Ibrahimi, leader du parti Wafa, font remarquer que l'administration et la justice ont comblé le vide laissé par l'armée en se mettant ouvertement au service du président-candidat. Comment parler, dans ces conditions, de "neutralité" ou d'"élections libres et transparentes", soulignent-elles ? Aux appels qui lui sont lancés de tous côtés, la hiérarchie militaire répond qu'elle n'a pas à se substituer aux politiques. "L'armée ne va tout de même pas intervenir pour déposer un président !", martèlent les "décideurs" avec agacement.

Les jeux sont-ils faits, à un mois de l'ouverture de la campagne électorale ? Sans doute pas. L'entrée dans la compétition, la semaine dernière, de l'ancien chef de gouvernement Sid Ahmed Ghozali, au lendemain du retrait de l'ex-premier ministre réformateur Mouloud Hamrouche, prouve que des jeux d'ombre se poursuivent activement en coulisse.

Il faut dire que la hiérarchie militaire se retrouve dans une situation nouvelle. Pour la première fois elle est confrontée à un président en exercice, non à une vacance du pouvoir. Et un chef de l'Etat décidé à tout faire pour se succéder à lui-même. Si elle a une stratégie dans cette élection - et il est difficile de croire qu'elle n'en a pas -, l'armée ne la dévoilera que tardivement, tant elle redoute les réactions d'un président imprévisible.

Florence Beaugé , Le Monde


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