La Kabylie du rebelle kabyle Matoub LOUNES
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Concert Idir

Le grand chanteur kabyle Idir, est sur la scène du Zénith (Paris) pour un concert exceptionnel. Il est des concerts mémorables, qui marque un cap dans la carrière d'un artiste et dans celui d'une culture. Le 25 mars, Idir nous a fait vivre un moment tel que ceux-là au Zénith (qui ce soir là portait particulièrement bien son nom). La grande salle parisienne était comble, animée par un public bon enfant et enthousiaste. Kabyles (la grosse majorité du public), arabes et français, toutes générations confondues se côtoyaient gaiement, venus faire la fête et acclamer le héros au physique de anti-héros.

Ca et là fleurissaient quelques drapeaux kabyles; des femmes portant le foulard croisaient des adolescentes en mini-jupes et voire même quelques rappers. Des enfants courraient entre les travées. Tous prêts à accueillir Idir le poète, le grand rassembleur.

Concert Idir
Concert Idir 2
Concert Idir 3
Concert Idir 4

Dans la journée déjà, on sentait la concentration monter au cours des balances. Idir avait soigneusement trié ses invités, moins nombreux qu'à l'Olympia : Geoffrey Oreyma, Frédéric Galliano et Hadja (griotte guinéenne), Thierry Robin et ses gitans et enfin Intiks, les rappers algérois. Un autre nom courrait; Enrico Macias devait monter sur scène, chanter "A vava Inouva" en duo avec Idir...
Il régnait au Zénith cette ambiance très particulière précédent les grands concerts. Arrivés dès l'après midi, les gitans de Thierry Robin jammaient gentiment dans leur loge, se chauffant pour le soir. Geoffrey Oreyma, toujours très élégant et très gentleman, prenait le temps de saluer tout le monde. Galliano s'affairait sur les branchements de ses machines tandis que les Intiks faisaient leur balance avec Idir. Youcef, le chanteur, avait empoigné une guitare bleue -avec la permission du maître- et se tournait vers nous rayonnant comme un gosse "Eh vous avez vu ? Idir m'a prêté sa guitare... ".
Dès 20h 15, une clameur a commencé à monter de la salle. Une clameur qui faisait trembler tout le monde en coulisses. Impressionnant.
Les applaudissements ne se sont calmés que lorsque Idir a commencé à chanter. Pour reprendre de plus belle entre chaque chanson. Voire même au milieu de certains morceaux tel la salve de bravos qui a salué le premier solo vocal de Hadja, la chanteuse guinéenne qui joue avec Fred Galliano. Les interventions des invités coulaient naturellement, comme des cadeaux offerts au public, au milieu d'un spectacle qui lui même se transformait en triomphe au cours de la soirée. La plupart des spectateurs connaissaient par cœur les morceaux, dansant tout en reprenant les refrains.
Deuxième invité, Geoffrey Oreyma, le frère d'exil, a fait un tel carton que spontanément, Idir s'est écrié : " Allez, on la refait.. ". Même topo avec Thierry Robin. Paco El Lobo (le cantaor flamenco) en a presque perdu sa voix la deuxième fois tandis que danseuses kabyles et espagnoles se déhanchaient sur scène. Tournant sur scène comme 4 énervés, les Intiks entouraient Idir promu chef rappeur le temps d'une chanson où se réunissaient de grands défenseurs de la liberté d'expression. D'ardents représentants de l'Algérie démocratique, toutes générations confondues.
Bien évidemment une ovation a accueilli l'entrée en scène d'Enrico Macias. Et lorsque celui ci s'est adressé en arabe à la foule, la clameur a été immense. Mais ces applaudissements n'étaient en rien comparables à ceux qui ont salué l'émouvant final, le vibrant hommage qu'Idir a rendu à son frère d'arme assassiné : Matoub Lounès. Et lorsque chacun des invités est venu chanter son couplet, des larmes brillaient dans les yeux des spectateurs. Spontanément les drapeaux kabyles et les T-shirts à l'effigie de Matoub ont surgi. Sur scène l'émotion (surtout présente lors des chants de Youcef puis d'Enrico) alternait avec le sourire (splendide chorégraphie de Geoffrey Oreyma et Thierry Robin en toréadors imaginaires). Et toute la salle vibrait, emportée par Idir discret maître de cérémonies et grand fédérateur.

Texte de Magali Bergès.


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