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Aït-Menguellet chante l'Algérie

Samedi dernier au Zénith de Paris, Aït-Menguellet et cheb Mami ont offert, en chansons, une Algérie arabo-berbère mature et épanouie aux milliers de spectateurs venus les écouter. Les deux artistes, qui se produisaient dans le cadre de la contestée Année de l'Algérie en France, ont affirmé qu'ils n'étaient et ne seraient jamais les instruments d'aucun pouvoir.

Aït-Menguellet et cheb Mami invitaient samedi leurs publics à fêter L'Algérie en chœur, au Zénith de Paris, un spectacle organisé dans le cadre de Djazaïr, une année de l'Algérie en France. Cette Année, vue par beaucoup comme une campagne de publicité pour le régime algérien, a ses partisans et ses détracteurs. La situation dans le pays, et particulièrement en Kabylie, a poussé de nombreux artistes, notamment kabyles, à boycotter l'événement. « L'idéal est de profiter de cette lucarne pour dire ce que l'on pense et donner notre avis sur la situation en Algérie. Le boycott favorise encore plus les généraux. A ceux qui disent ne pas vouloir être récupérés par les tenants du pouvoir, je réponds que c'est leur donner une intelligence qu'ils n'ont pas », tranche l'écrivain Aziz Chouaki. Ni Aït-Menguellet ni Cheb Mami n'ont besoin du sceau « Année de l'Algérie » pour remplir le Zénith et faire connaître leur pays, répondent les opposants à l'événement.

Quoi qu'il en soit, les deux artistes ont décidé de s'unir pour fêter une Algérie arabo-berbère épanouie qui ne se couche devant aucun pouvoir. Au cours de la soirée, Salah Bekka, attaché de presse d'Aït-Menguellet, se fend d'une mise au point concernant la participation des artistes algériens aux différents « Algérie en choeur » organisés en France : « Que faisaient nos combattants de la liberté, pour redoubler de courage dans les maquis ? Ils chantaient ! Que font nos poètes, pour dénoncer l'arbitraire des pouvoirs ? Ils chantent ! Aujourd'hui, tout comme hier, aucune force politique ou sociale n'a le droit de faire taire la chanson ou de l'instrumentaliser ! » Même le chanteur Baâziz, longtemps interdit de concert sur le sol algérien pour ses prises de position, a participé à la tournée.

L'Algérie ensemble

Le spectacle, annoncé pour 20 heures, commence exceptionnellement à... 20 heures. Du coup, le millier de spectateurs présent à l'heure dite, clairsemé entre les gradins et la grande piste du Zénith, a l'impression de participer à un grand mariage raté. Cheb Dali et Younès Boudaoud, qui lancent la soirée, en font les frais. Il faut dire qu'une part importante du public jeûnait ce samedi, pour le ramadan, et terminait de digérer le ftour au moment ou le spectacle commençait. Mais lorsque Lounis Aït-Menguellet, le fils du Djurdjura, chantre de la cause berbère et pourfendeur du pouvoir algérien, entre en scène, le Zénith est plein et les derniers retardataires accourent. Ettes, Ettes, Mazal Lhal, - une chanson où le régime répète à son peuple « dort, dort, ce n'est pas le moment » - ou encore le refrain repris en choeur Hay arrach ner, Lzayer Tha Mourth Ner - « Nos enfants, l'Algérie est notre pays » - enflamment la piste et provoquent les youyous des femmes. Les drapeaux algérien et kabyle flottent sur le Zénith.

Après quinze minutes de réinstallation, le chanteur de raï Cheb Mami entre en scène et attaque son tour de chant par Azwaw, un des plus célèbres titres du grand chanteur berbérophone Idir, traduit en arabe. Le ouahrani-djazaïri-parisien s'essaye même à quelques mots d'amazigh pour saluer le public. Les mêmes spectateurs qui se sont trémoussés sur les chansons d'Aït-Menguellet sont survoltés dans la fosse. Lorsque Cheb Mami, de sa voix perçante, attaque Haoulou, une chanson rythmée extraite de son premier album, c'est tout le Zénith qui se déhanche sur la piste. Le chanteur termine en fanfare par une reprise de la chanson traditionnelle Mara Diural, traduite de l'amazigh à l'arabe. Même la banderole de la soirée est dans le ton : L'Année de l'Algérie écrit en français, puis la même phrase en amazigh, de gauche à droite, rejoignant celle en arabe écrite de droite à gauche. L'espace d'une soirée, Aït-Menguellet semble avoir réalisé le rêve chanté dans son dernier album, Inasen - « Dis-leur », d'une Algérie qui accepte toutes ses composantes et s'est débarrassée de ses incompétents hommes d'Etat.

par Saïd Aït-Hatrit


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