La Kabylie du rebelle kabyle Matoub LOUNES
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Qui veut éliminer Sadi ?

Il est menacé de disqualification
 
Le Conseil constitutionnel s’apprêterait à spolier le président du RCD de quelque 20 000 formulaires de cautions signés et légalisés.
lundi 1er mars 2004.

La rumeur s’est faite persistante hier, dès le début de l’après-midi : le Conseil constitutionnel s’apprêterait à annoncer une liste de candidats à la présidentielle dans laquelle ne figurerait pas le nom de Saïd Sadi. Le président du RCD serait “éliminé pour n’avoir pas réuni les 75 000 signatures réparties sur 25 wilayas”. La “nouvelle” s’est vite propagée et a tôt fait de gagner les rédactions de la presse nationale, à Alger, où déjà l’on commençait à s’interroger : qu’est-ce qui aurait pu empêcher la candidature du leader du RCD d’obtenir les cautions citoyennes requises par la loi ? Quel crédit faut-il accorder à une telle “information” ? Pourquoi et comment a-t-elle pu être sur la place publique alors que le Conseil constitutionnel n’a pas encore délibéré ? Ce sont là quelques questions, parmi d’autres, que les journalistes se posaient sans pouvoir y répondre avec certitude.

Les supputations allaient bon train et tous les scénarios, des plus plausibles aux moins probables, étaient imaginés. Beaucoup n’y croyaient pas. “La couleuvre est trop grosse pour être avalée”, disaient-ils. “Il en est ainsi de tous les mensonges : plus c’est gros, mieux ça passe”, rétorquaient d’autres.

Sauf qu’il ne s’agissait pas là d’une rumeur que l’on devait à la rue qui, il est vrai, sait si bien en fabriquer des plus invraisemblables. Le RCD et le comité de campagne de Saïd Sadi en avaient eu écho, et l’on n’allait pas tarder à savoir que “l’affaire” était prise au sérieux par le candidat et son entourage.

Le directeur de campagne de Saïd Sadi, M. Djamel Ferdjellah, allait rendre public un communiqué, achevant de conférer un caractère “officiel” à... la rumeur. “Des informations persistantes émanant de cadres proches d’un parti de la coalition gouvernementale font état du rejet de près de 20 000 formulaires de caution au candidat Saïd Sadi”, lit-on dans ce communiqué. Et de rappeler que “l’ensemble des formulaires” déposés au Conseil constitutionnel avaient fait l’objet d’une “vérification rigoureuse” par les structures du parti “au niveau des communes, des wilayas et de la direction nationale de campagne”.

Le contrôle était “ouvert à la presse”, ajoute encore le communiqué de M. Ferdjellah (lire l’intégralité du communiqué en encadré). Pour le comité de campagne de Saïd Sadi, cette intervention est censée avoir valeur de mise en garde, à en juger par sa conclusion : si ces informations venaient à se confirmer, “il appartiendrait à tout un chacun d’analyser cette dérive et d’en tirer les conséquences”. Voilà qui est on ne peut plus clair, le RCD et Saïd Sadi ne se laisseront pas faire, forts qu’ils sont de leur bon droit et des “messages de soutien et de solidarité” qu’ils recevaient tout au long de l’après-midi et de la soirée d’hier de “toutes les régions du pays et de l’étranger”, selon une source proche de la direction du parti.

Il est, en effet, difficile de digérer une telle “délibération”, et son caractère anticipé ne fait que renforcer les doutes quant à la sincérité de l’examen des dossiers par le Conseil constitutionnel. Saïd Sadi était candidat à l’élection présidentielle de 1995 et avait bénéficié de 10% des suffrages, ce qui équivalait à environ un million de voix, sans compter celles dont l’avait spolié la fraude qui, même lors de ce scrutin-là, était une réalité tangible.

Deux ans plus tard, soit en 1997, les résultats obtenus par le RCD aux législatives (juin) puis aux locales (octobre) enregistraient une nette progression même si la fraude, elle aussi, se faisait plus massive, plus ouverte, voire plus franchement assumée.

Comment donc, en 2004, Sadi ne serait-il pas en mesure de passer l’épreuve du Conseil constitutionnel ? La réponse est sans doute dans le contexte politique national d’aujourd’hui et plus particulièrement dans la situation qui prévaut en Kabylie. La candidature de Saïd Sadi est de nature à gêner considérablement celle de Bouteflika. Le président du RCD jouit d’une aura incontestable outre Méditerranée et reste un interlocuteur incontournable pour les partenaires étrangers les plus influents de l’Algérie. Cela suffit à angoisser le Président-candidat pour lequel Paris et Washington comptent beaucoup. De plus, Sadi en course, c’est la Kabylie qui se mobiliserait le 8 avril prochain, d’autant que la campagne dite “antivote” menée par Abrika et son groupe est de peu d’effet sur l’attitude des citoyens quand elle ne suscite pas carrément rejet et quelquefois dénonciation. Et l’on sait que la région reste fermement hostile à Bouteflika. L’échec programmé du dialogue simulé n’aura pas été d’une grande utilité pour les partisans gouvernementaux du boycott de l’élection du 8 avril par la Kabylie. La disqualification de Saïd Sadi devrait y suppléer, ont-ils dû se dire.

Des sources proches du RCD faisaient état, il y a une semaine, d’injonctions adressées au Conseil constitutionnel lui enjoignant de contrôler “plus que rigoureusement” le dossier de M. Sadi et de passer “à la loupe et un à un” les formulaires de caution qu’il aura déposés. “Plus que rigoureusement”, les mots prennent, ici, tout leur sens. Ce jour-là, le processus de disqualification politique de Sadi venait peut-être de commencer.

S. C., Liberté

Communiqué Des informations persistantes, émanant de cadres proches d’un parti de la coalition gouvernementale, font état du rejet de près de 20 000 formulaires de caution au candidat Saïd Sadi.

Le comité de campagne de Saïd Sadi rappelle que l’ensemble des formulaires ont subi une vérification rigoureuse au niveau des communes, des wilayas et de la direction nationale de campagne et que ce contrôle était ouvert à la presse.

Si les informations de ce parti politique venaient à se vérifier, cela voudrait dire que l’examen du conseil constitutionnel n’aura valu qu’en tant qu’opération administrative s’imposant comme le premier tour de l’élection présidentielle. il appartiendrait, alors, à tout un chacun d’analyser cette dérive et d’en tirer les conséquences.

Le directeur de campagne Djamel Ferdjellah

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