La Kabylie du rebelle kabyle Matoub LOUNES
ACCUEIL | KABYLIE | CULTURE | MUSIQUE | PHOTOS | FORUM
Actualité
Culture
Femmes
Etudiants

Les aârouch : « Pas d’élection en Kabylie »

Meeting antivote du mouvement citoyen
 
La Coordination des aârouch, daïras et communes (CADC) de Tizi Ouzou a donné avant-hier, jeudi, le coup de starter de la campagne antivote. En effet, la ville côtière d’Azeffoun a abrité jeudi dernier à 10 h une conférence-débat animée par Belaïd Abrika, Mohand Iguetoulène, Rachid Allouache à la salle des fêtes qui s’est avérée exiguë pour contenir la forte assistance qui s’est déplacée pour écouter les explications des délégués s’agissant du rejet de l’élection présidentielle d’avril prochain.
samedi 28 février 2004.

A l’issue des interventions des animateurs qui ont, tour à tour, argumenté les raisons du blocage du dialogue avec le Chef du gouvernement et de l’inéluctable décision du rejet des élections, un débat serein et franc a été engagé entre les citoyens et les délégués. Les nombreuses questions ont tourné autour des avantages et des inconvénients que pareille position apportera à la région et au combat citoyen. Les animateurs ont répondu sans détour aux questionnements des citoyens qui étaient apparemment satisfaits puisque la rencontre s’est achevée par des cris de « Ulac smah ! Ulac l’vote ! » scandés par une assistance debout comme un seul homme.

Par ailleurs, une autre conférence-débat s’est déroulée le même jour à 14 h au village Abizar, à Ath Djennad. Là aussi, le même climat qu’à Azeffoun a régné tout au long de la rencontre qui a été également suivie par un nombreux public qui n’a cessé d’entrecouper les différentes interventions par des applaudissements nourris et le leitmotiv « Ulac smah ! Ulac l’vote ! » Belaïd Abrika et ses compagnons se sont dirigés ensuite vers Souk El Had, chef-lieu de la commune de Timizart, Ath Djenad, où ils sont rejoints en début de soirée par des délégués de la CICB et de la CCCWB pour animer un meeting populaire. Les différents intervenants qui se sont succédé à la tribune ont tenu à dénoncer avec vigueur les détracteurs de tout bord du mouvement citoyen et les « mensonges colportés » çà et là accusant les délégués de tous les maux.

Les partis politiques et les candidats à l’élection présidentielle ont été voués aux gémonies, à l’image de Saïd Sadi, leader du RCD, dont les dernières sorties médiatiques n’ont pas épargné Abrika et ses compagnons. A propos des incidences : « Tant que la télévision d’Etat n’a pas présenté ses excuses, nous refusons de nous acquitter de nos redevances d’électricité. Quant aux "indus élus", maintenant qu’ils sont désignés comme tels même par le Pouvoir, ou bien ils partent de leur plein gré, ou bien la mobilisation citoyenne les chassera de force. » Lui succédant, Rachid Allouache a été très virulent à l’endroit des partis politiques implantés dans la région.

« Alors qu’ils nous reprochent d’avoir pris langue avec le représentant de l’Etat, eux n’hésitent pas à participer à une joute électorale organisée par le sinistre trio Bouteflika-Ouyahia-Zerhouni, et à s’asseoir autour d’une même table avec Benflis, leader d’un FLN qui a écrasé la Kabylie depuis l’indépendance, et Taleb El Ibrahimi, l’un des représentants zélés de l’arabo-islamisme. » Et de poursuivre : « Ils utilisent la télévision de Hamraoui Habib Chawki pour nous insulter. Les citoyens sont décidés à prendre leur destin en main et ne plus recevoir de directives ni de Suisse ni d’Espagne ou de Club des Pins », conclut le délégué d’Ath Djennad. A propos de l’échec du dialogue, Benouaret Khodir, délégué d’Amizour, a déclaré : « En acceptant l’offre de dialogue, nous avons démontré à l’opinion internationale que Bouteflika ne veut pas régler la crise comme il l’a affirmé à Bruxelles l’été dernier devant la presse. » Intervenant en dernier, Belaïd Abrika, très ovationné du reste, a remis les pendules à l’heure.

« Ils disaient qu’ils accompagnaient le mouvement, mais nous savions déjà quelles étaient leurs intentions, à savoir usurper le combat des jeunes et le sang des martyrs pour redorer le blason terni de leur parti par les incohérences et les inconséquences de son chef. » Se revendiquant du combat de Matoub Lounès, il affirmera : « C’est l’échec recommencé des partis qui nous ont poussés à convoquer notre organisation ancestrale. Tous ces mensonges qu’ils distillent dans les cafés et à travers les médias ne feront que nous conforter dans notre combat pour bannir la hogra et l’injustice. Nous ne reculerons devant rien et nous ne plierons ni devant le Pouvoir mafieux et assassin ni devant ses relais qu’il convoque à chaque occasion pour maquiller ses élections. »

Mustapha Naït Dahmane, Le Matin

FORUMS
Music
Poésie
Tchatche
Rencontres
© Kabylie 2015 | Charte | Recommandez-Nous | Plan | Archives | Contact