La Kabylie du rebelle kabyle Matoub LOUNES
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Les aârouch : « Nos revendications ne sont pas compatibles avec la concorde nationale »

 
A chaque fois qu’il intervient au sujet de la crise de Kabylie, Bouteflika ne fait qu’élargir le fossé qui sépare cette région du Pouvoir « maffieux et assassin » qu’il incarne. Plus qu’un black-out sur le dialogue aârouch-Ouyahia, le discours du Président-candidat d’avant-hier renseigne sur les velléités de Bouteflika à imposer la situation qui lui convient.
mardi 24 février 2004.

A Car, si pour lui la crise de Kabylie trouvera sa solution dans le cadre de la réconciliation nationale, Belaïd Abrika, lui, est plus que jamais catégorique : « La crise ne peut trouver sa solution dans le cadre de la réconciliation nationale puisqu’il s’agit d’un déficit de confiance. »

Car, en fait, il ne s’agit pas de réconcilier la population de Kabylie avec d’autres composantes de la société algérienne, mais plutôt de mettre les dirigeants au service des citoyens dans le cadre des lois de la République. « Un fleuve de sang a coulé en Kabylie sous la responsabilité de Bouteflika », lâche Belaïd Abrika sûr que « la population aspire toujours à un changement réel et véritable à travers la mise en uvre de la plate-forme d’El Kseur loin de tous les enjeux électoralistes et des calculs politiciens ».

Pour être réaliste, le militant des aârouch propose une alternative : « Cette catastrophe ne peut trouver sa solution que dans le cadre d’une politique porteuse d’un changement de système garantissant l’instauration d’une nouvelle République démocratique et sociale et l’édification d’un Etat de droit ». Belaïd Abrika, qui traduit l’esprit et la position du mouvement citoyen, relève des contradictions criantes entre le discours et les pratiques des hommes du Pouvoir. « La position unilatérale de soumettre la question amazigh à référendum s’inscrit en faux avec les déclarations de Bouteflika qui parle de "panser la grave blessure".

C’est cette proposition qui allait générer une autre fracture en Algérie, mais notre mouvement s’est réellement soucié de l’unité nationale en rejetant catégoriquement la réponse apportée à la revendication amazigh lors du dialogue de mise en uvre », a-t-il dit. Plutôt que de se perdre dans des discours-fleuves fuyant l’essentiel, Abrika suggère plus de clairvoyance et de volonté politique pour aboutir à la satisfaction de toutes les revendications légitimes et démocratiques exprimées dans la rue et synthétisées dans la plate-forme d’El Kseur. « Cela si on veut être à la hauteur des aspirations du peuple », conclut-il.

Laquelle hauteur ne peut être atteinte que « par un sens de responsabilité raffiné », explique Mohand Iguetoulène pour qui « le point de discorde entre la délégation des aârouch et Ouyahia est si clair que l’on doit s’interdire ces atermoiements ». « De notre côté, nous avons été suffisamment clairs : l’amorce de la solution de la crise de Kabylie réside dans la satisfaction de la revendication amazigh. Si on avance sur ce plan, tant mieux. Sinon que Bouteflika se détrompe : nous procéderons à un rejet dynamique de la présidentielle du 8 avril », a déclaré le délégué des Ath Jennad.

Catégorique au sujet de l’unité nationale, Iguetoulène rejoint Abrika et suggère à Ouyahia d’« écarter définitivement l’idée du référendum si le Pouvoir est réellement animé d’une bonne volonté de la préserver ». Tamazight contribuera certainement à cimenter l’unité nationale, dira-t-il. Encore une fois, au-delà des divergences entre le Pouvoir et le mouvement citoyen se profile l’impossibilité de la cohabitation. L’anéantissement de toute la société sur l’autel des appétits « gangstériques » des hommes du Pouvoir n’étant toutefois pas réalisable, il reste à Bouteflika d’emprunter l’issue indiquée par les aârouch : partir.

Kamel Omar, Le Matin

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