La Kabylie du rebelle kabyle Matoub LOUNES
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MINUCIUS FÉLIX, ÉCRIVAIN DE LANGUE LATINE

Un auteur probablement... d’origine kabyle !
 
Cet apologiste chrétien du troisième siècle est peut-être originaire de la ville de Béjaïa. Minucius Félix est célèbre dans la littérature chrétienne de langue latine mais on ignore presque tout de lui.
mardi 24 février 2004.

LES quelques rares informations dont nous disposons proviennent de son ouvrage, Octavius. D’après cet ouvrage donc, on sait que Minucius Félix, qui vivait à Rome exerçait la profession d’avocat. Il était païen et ce n’est que quelques années avant la composition de son livre qu’il se convertit au christianisme. Il est possible d’ailleurs qu’il ait rédigé son ouvrage pour donner la preuve de sa foi :, on sait qu’un autre écrivain d’origine africaine, Arnobe, avait dû rédiger une apologie du christianisme pour recevoir le baptême.

Minucius Félix, qui semblait appartenir à une famille aisée, avait la possibilité d’exercer de hautes fonctions dans l’administration romaine mais il refusa. Il pensait, en effet, qu’un chrétien devait refuser les honneurs et ne pas servir dans une administration qui comportait des rites païens. Comme Arnobe, it fustigera cette administration ainsi que toutes les institutions romaines, empreintes de paganisme. lI ne dit rien de ses origines mais son ouvrage laisse croire qu’il était Africain, c’est à dire Berbère. En effet, il ne cesse d’évoquer l’Afrique, son climat, ses dieux,ses mœurs, ses anciens souverains dont il célèbre les exploits.

Il connaît les auteurs africains et les cite abondamment et il met lui-même en scène des personnages qui semblent porter des noms fictifs mais que l’on a retrouvés sur des stèles à Tébessa (Théveste) et surtout Béjaïa (SaIdae). lI n’est pas impossible qu’il soit onginaire de cette dernière ville et que c’est en souvenir de celle-ci qu’il lui a emprunté les noms de ses personnages. Minicius Félix n’a écnt qu’un ouvrage, Octavius, Qu plutôt, c’est le seuI ouvrage qui nous soit parvenu. C’est une apologie de la religion chrétienne dont l’auteur veut montrer la supériorité sur le paganisme. Le texte est conçu sous la forme d’une causerie, les personnages échangeant leurs points de vue au cours d’une promenade. Comme dans le drame, la causerie comporte cinq parties : un prologue qui annonce les intentions de l’auteur, un réquisitoire, un intermède, un plaidoyer et un épilogue.

Les personnages principaux sont au nombre de trois : l’auteur qui joue le rôle d’arbritre, Octavius Januarius qui représente les Chrétiens et Caecilius Natalis qui représente les Païens. L’arbitre donne à chacun la possibilité de détendre son point de vue mais tout le dialogue est construit de sorte à préparer la vicloire finale du christianisme, présenté comme supérieur au paganisme. L’apologie de Minucius Felix présente une analogie frappante avec celle de TertuIlien : un autre écrivain d’origine africaine. On relève, en effet de grandes similitudes dans la méthode d’exposition des arguments et les références culturelles De nombreux auteurs croient que c’est TertuIlien qui a paraphrasé Minucius Felix qui lui serait antérieur, d’autres, comme Monceaux’ auteur d’une H’stoire littéraire de l’Afrique chrétienne, pensent qu’il faut plutôt envisager l’inverse.

Quant à la possibilité que Minucius et TertuIlien aient copié un auteur romain, Apollonius, elle est aujourd’hui écartée L’œuvre de ce dernier n’est pas à proprement parier une apologétique mais seulement ies réponses d’un condamné chrétien à son juge païen. Apologie de la religion chrétienne, Ociavius est aussi un réquisitoire contre l’empire romain. l ! dénonce l’arogance de l’empire et la tyrannie de ses souverains. Pour lui, l’histoire de Rome, se confond avec celle de ses conquetes, et cette histoire n’a été qu’une suite de cnmes et d’infamies : « Dépouiller les voisins, détruire leurs cités, leurs temples et leurs antels, emmener des captifs, s’agrandir par la ruine des autres et par les crimes, telle a été la politique de Romulus, de tous les autres rois et chefs qui ont suivi. Ainsi, tout ce que les Romains tiennent, adorent, possèdent n ’est que le butin conquis par leur audace »

S. Aït Oukkeddal, LA DÉPÊCHE DE KABYLIE

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