La Kabylie du rebelle kabyle Matoub LOUNES
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Les aârouch répondent à Ouyahia

 
Comme attendu, les dernières déclarations du Chef du gouvernement à la Chaîne II de la radio nationale, et dans lesquelles il a lancé un autre appel à la reprise du dialogue avec le mouvement citoyen, et ce, dans « l’intérêt national », n’ont pas laissé indifférents les animateurs des aârouch et ce, au moment où l’on s’apprête à donner le coup d’envoi de la campagne antivote.
dimanche 15 février 2004.

Cherchant du coup à considérer le mouvement comme un danger pour l’unité nationale, Ouyahia tente donc de faire porter la responsabilité de l’échec du dialogue aux aârouch. De l’avis de Belaïd Abrika, membre de l’ex-délégation des « 24 », « l’intérêt national, c’est l’officialisation de tamazight sans référendum, contrairement à la réponse unilatérale d’Ouyahia pour soumettre au vote une identité, une langue qui, en réalité, fait consensus au niveau de la société depuis des siècles ».

L’animateur du mouvement se demande « pourquoi il développe une position avec des arguments contraires ». Décodée, la réponse à Ouyahia est claire : c’est le fait de vouloir officialiser tamazight par voie référendaire qui constitue un danger pour cette même unité et appelle ainsi à la division. Abrika ajoutera ensuite que le « danger pour l’unité nationale réside, aujourd’hui, dans la négation de cette question à travers cette réponse inadmissible et insultante à l’égard de tout le peuple et de l’histoire ». Notre interlocuteur précisera encore que la « sauvegarde de la nation et l’édification d’un Etat fort réside dans le changement du système rentier en place à travers le document de mise en uvre de la plate-forme d’El Kseur, qui nous mènera inéluctablement vers l’instauration d’une véritable République démocratique et sociale et d’un Etat de droit tant réclamé par le peuple ».

Cela permettra, dira-t-il encore, de « bannir les pratiques de la hogra, de passe-droit, d’impunité en privilégiant à jamais l’honneur des citoyens ». Pour sa part, Mohand Iguetoulène ne dissocie par la déclaration d’Ouyahia de visées électoralistes. Ce délégué ne mâche pas ses mots : « C’est le Pouvoir et ses représentants qui cultivent le déni identitaire en refusant de reconnaître tamazight sans condition et sans référendum qui menace sérieusement l’unité du peuple algérien. » Il ajoutera sur un ton ironique : « Si maintenant le fait de rejeter les élections devient une menace pour l’unité de la nation, c’est donc Bouteflika qui devient lui-même cette même unité ! » « Bouteflika n’est pas l’Algérie », dira-t-il encore. D’autres délégués toujours questionnés sur le même sujet rejoignent les déclarations de leurs camarades et estiment que ces nouvelles sorties médiatiques « visent à faire porter la responsabilité de l’échec du dialogue aux aârouch au moment où le Pouvoir a étalé sa véritable nature devant l’opinion nationale et internationale ».

Brahim Boubchir, Le Matin

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