La Kabylie du rebelle kabyle Matoub LOUNES
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Zerhouni veut porter plainte contre Benchicou

 
Le ministre de l’Intérieur Yazid Zerhouni envisage d’ester en justice le directeur de la publication du Matin, Mohamed Benchicou, pour avoir publié Bouteflika une imposture algérienne, un livre dans lequel il associe son nom à la fois à des affaires scandaleuses et à des pratiques attentatoires à la dignité humaine.
dimanche 15 février 2004.

Le ministre de l’Intérieur l’a annoncé en réponse aux questions des journalistes présents à la conférence de presse qu’il a convoquée, hier, au siège de la wilaya de Tamanrasset. La sortie médiatique de M. Zerhouni avait pour but d’annoncer le montant du budget additionnel alloué par le chef de l’Etat à la wilaya de Tamanrasset et les projets de développement à promouvoir. Mais ce n’était pas là la principale préoccupation des journalistes. Yazid Zerhouni arrive mal à formuler une réplique à la question liée à la pratique de la torture lors des événements de Kabylie.

M. Benchicou avait, en effet, mentionné à la page 44 de son livre que « des centaines de citoyens kabyles, surtout des jeunes, sont torturés sur instruction de Yazid Zerhouni ». Un fait qui, selon l’auteur, n’est pas nouveau puisque, affirme-t-il, « Zerhouni est un habitué de la gégène depuis le temps où il dirigeait la Sécurité militaire ». Un penchant qui poussera l’actuel ministre de l’Intérieur, « selon des accusations, jusqu’à abuser de la torture pour son intérêt personnel », rapporte M. Benchicou qui cite le cas d’un citoyen torturé à la caserne de Bouzaréah pour céder sa pharmacie à Mme Zerhouni, alias Fatiha Boualga. « Il n’y a eu aucun jeune torturé dans la région de Kabylie », se défend M. Zerhouni, avant d’ajouter sur un ton loin d’être convaincant : « C’est vrai, il y a eu mort d’homme suite aux attaques organisées par les manifestants contre les brigades de gendarmerie, mais nous n’avons torturé personne. » Réagissant à cette déclaration, Belaïd Abrika a tenu à préciser, hier, que « M. Zerhouni n’est pas uniquement responsable des pratiques de torture, mais pire, il doit répondre de tous ces assassinats perpétrés sous ses ordres et personne d’autre que lui ne doit s’expliquer devant la justice ».

Concernant l’autre accusation faisant état d’une activité commerciale illégale qu’il avait menée lorsqu’il était ambassadeur d’Algérie à Mexico dans les années 1980, le ministre de l’Intérieur adoptera la même attitude : le commerce de voitures de marque Mercedes qu’a entretenu M. Zerhouni dans ce pays, évoqué à la page 69 du livre, n’est, selon lui, qu’une vue de l’esprit de l’auteur. A défaut d’arguments, il tente une dérobade en annonçant à l’assistance que « c’est à Benchicou d’apporter les preuves s’il dit vrai ». Et d’ajouter : « Il sera de fait contraint de répondre devant la justice, car je considère que ce qu’il a écrit est une dangereuse diffamation contre ma personne. » Comme pour faire amende honorable et tenter de se laver les mains de la cabale qu’il mène depuis le mois d’août dernier contre les journaux indépendants à l’origine de la publication d’une série de scandales auxquels le nom du Président Bouteflika et ses collaborateurs sont associés, le conférencier relèvera que « la presse algérienne jouit d’une liberté totale et qu’il y a beaucoup de journaux qui ont commis plusieurs transgressions à la loi ». Des déclarations qui tombent à point nommé, relèvent les observateurs, pour appuyer la démarche du Président de la République qui prévoit au cours de cette semaine d’inviter les directeurs de la presse privée et publique.

Nadir Benseba, Le Matin

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