La Kabylie du rebelle kabyle Matoub LOUNES
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Des Algériens matraqués, un Pouvoir silencieux

 
Ce qui s’est passé à Sfax est inqualifiable et inadmissible : plusieurs blessés, dont quelques-uns hospitalisés dans un état jugé sérieux, suite au matraquage en règle des supporters algériens par la police tunisienne. Et selon des sources non confirmées ­p ; du fait du silence des autorités des deux pays dits frères ­p ;, il y aurait eu des morts !
mardi 10 février 2004.

Cela étant, si une poignée de supporters s’est mal comportée en fin de match, fallait-il pour autant que cette police agisse brutalement contre les milliers d’autres, dont de nombreuses jeunes femmes, qui étaient là pour le match ? En fait, les provocations ont débuté bien avant ce match. Qu’on en juge ! Les autorités tunisiennes ont fait monter la pression bien avant le début du match en demandant à la population de Sfax d’éviter de se rendre au stade, ce qui laisse supposer que la police tunisienne avait ordre d’agir contre les supporters algériens.

A la frontière tunisienne, rapporte un confrère marocain, il était exigé de chaque Algérien une somme de 1 000 euros et le billet d’entrée au stade. Le jour du match, des Algériens munis de billet ont été interdits d’accès au stade. Pour les autres, ils devaient exhiber à l’entrée du stade leur billet et leur passeport. Depuis quand demande-t-on des papiers d’identité pour accéder aux tribunes d’un stade de football ? Ce sont ces faits et bien d’autres, en plus de l’enjeu du match, qui ont fait monter la pression. De plus, sous prétexte de sécurité, les journalistes ont été bloqués à l’intérieur du stade de Sfax. En vérité, les autorités tunisiennes craignaient que des photographes et cameramen ne diffusent des images de cette chasse à l’Algérien. Surtout que cette répression s’est produite le jour où les deux pays commémoraient les évènements de Sakiet Sidi Youcef.

Côté algérien, comme d’habitude, pas de réaction officielle. Pourtant, parmi ceux qui ont été tabassés, il y en avait qui brandissaient le portrait de Houari Boumediène et quelques-uns celui de Bouteflika. On attend de ce dernier qui s’est, à plusieurs reprises, présenté comme le Président de la dignité retrouvée qu’il réagisse devant de tels actes. Après l’affront des Saoudiens à l’Algérie qui ont accueilli de la manière la plus officielle Abassi Madani, voilà que la Tunisie de Ben Ali, passée maîtresse en matière de violation des droits de l’Homme, se permet de faire la chasse aux Algériens. Est-ce parce que ces bruyants supporters étaient porteurs d’une certaine joie de vivre et surtout d’une certaine liberté de ton bien gênante pour le régime de Ben Ali ? Sûrement que oui.

Face à la gravité de ces actes perpétrés par la police tunisienne, qu’attend le Pouvoir pour réagir ? Est-ce les liens privilégiés entre Bouteflika et Ben Ali qui l’en empêchent ? La seule fois où l’on a vu Abdelaziz Bouteflika monter au créneau, c’est pour interdire l’accès du territoire algérien au journaliste tunisien Tewfik Ben Brik ; c’était en septembre 2000. Pour voler au secours d’un régime autoritaire et lui manifester sa solidarité, Bouteflika n’a pas hésité une minute. Mais s’agissant de ses administrés, munis de passeports acquis au prix du sang de plusieurs centaines de milliers de martyrs, ce Pouvoir reste sourd et aveugle.

Hassane Zerrouky, Le Matin

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