La Kabylie du rebelle kabyle Matoub LOUNES
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La Kabylie se mobilise avec les aârouch

« Nous refuserons d’aller voter »
 
La suspension définitive du dialogue entre les aârouch et le Chef du gouvernement est perçue par les citoyens de la wilaya de Béjaïa comme « la fin d’un sursis accordé au Pouvoir avant la reprise des actions de rue ». Les discussions dans les rues de Béjaïa tournaient hier principalement autour de cet événement que d’aucuns considèrent comme « un retour à la case départ ».
lundi 9 février 2004.

« Nous savions que le Pouvoir n’allait pas satisfaire pleinement la plate-forme d’El Kseur. Nous avons quand même délégué nos représentants pour dévoiler définitivement l’intention du Chef du gouvernement qui a multiplié ses appels au dialogue », commente un jeune du quartier rebelle CNS. « Nous allons reprendre la rue, et c’est au Pouvoir seul d’assumer les conséquences de son entêtement à ne pas satisfaire la plate-forme d’El Kseur », ajoutera notre interlocuteur.

Des enseignants de l’université de Béjaïa ont exprimé, eux, leur peur de voir la région s’embraser une nouvelle fois et de vivre encore l’épisode des arrestations-répressions. Car, disent-ils, maintenant que « le Pouvoir sait qu’il n’a rien à gratter du mouvement citoyen, il tentera de le mater d’une façon sévère ». Les délégués de l’aile dite dialoguiste du mouvement citoyen de Béjaïa ont accueilli la nouvelle de la fin du dialogue avec le Chef du gouvernement avec « déception » et « scepticisme ». La plupart d’entre eux pensent que la lutte doit se poursuivre dès cette semaine pour gagner du temps. Pour les délégués de Tazmalt, la campagne antivote a commencé jeudi passé avec l’organisation d’un meeting dans leur localité. Fateh Redjdal, délégué de cette commune, se veut rassurant en déclarant que « la mobilisation citoyenne est intacte ». Pour lui, la population n’a jamais observé de répit ni de recul dans son combat à faire satisfaire la plate-forme d’El Kseur.

« Le seul souhait des citoyens a été toujours d’en finir avec ce système qui les méprise, réprime, emprisonne et appauvrit. Le dialogue avec le Pouvoir a été une dernière chance pour les décideurs de ce pays de se corriger », nous dira le délégué de Tazmalt. Youcef Bounif de la commune d’Amizour considère le refus du Pouvoir à officialiser la langue amazigh comme « une atteinte à la dignité des Algériens ». « Nous entamerons les actions de rejet de l’élection présidentielle dès la prochaine réunion inter-wilayas. Le Pouvoir sera frappé d’une illégitimité chronique », estime Youcef. Côté délégués antidialoguistes, on se félicite de n’avoir pas été « piégés » par le Pouvoir. Pour Zahir Benkhellat, les délégués qui ont pris part au dialogue sont redevables de pardon qu’ils doivent présenter aux citoyens. Car, dira-t-il, « avec ce dialogue, Ouyahia a gagné du temps et s’est permis de commettre un affront à la plate-forme d’El Kseur ». « Nous appelons nos camarades (délégués dialoguistes, ndlr) à demander pardon au peuple et à s’aligner sur notre démarche qui vise à faire disparaître définitivement ce système », expliquera notre interlocuteur.

Par ailleurs à Tizi Ouzou, la réaction des citoyens, rencontrés hier, est la même que celle exprimée par ceux de Béjaïa : « La rupture du dialogue était prévisible. » La plupart des citoyens interrogés ont appuyé cette décision de rompre le dialogue, car il s’agit d’« identité qui ne pourra se marchander ou encore passer par voie référendaire ». Même si les lectures et les appréciations sont différentes, la tendance générale est à la satisfaction. Pourquoi ? Pour Mohamed, cadre dans une entreprise, « maintenant que le Pouvoir a fait part de ses véritables intentions et montré son vrai visage qu’il a tenté de dissimuler par son offre de dialogue, il est mis devant le fait accompli ». Pour étayer son point de vue, notre interlocuteur dira que « le mouvement citoyen est désormais, après ce qui s’est passé, en droit de mener toutes les actions ». Des actions qui seront, selon beaucoup de citoyens, légitimes aux yeux de l’opinion nationale et internationale.

Mourad Bektache et Brahim Boubchir, Le Matin

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