La Kabylie du rebelle kabyle Matoub LOUNES
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La Kabylie ne votera pas !

 
Le mouvement citoyen se réunira jeudi prochain à Boghni, dans la wilaya de Tizi Ouzou, pour confectionner le document portant sur la démarche explicative du rejet de la prochaine élection présidentielle.
lundi 9 février 2004.

La décision a été annoncée, hier, au lendemain de l’échec des pourparlers entre la délégation du mouvement citoyen et le Chef du gouvernement M. Ouyahia. « Il n’y aura ni visite du Président ni celle d’aucun des candidats à cette course électorale, et le prochain locataire d’El Mouradia sera pour les populations de Kabylie un indu élu si jamais la plate-forme d’El Kseur n’est pas satisfaite », a averti Belaïd Abrika durant la conférence de presse animée conjointement avec les 23 membres de la délégation des négociateurs à la maison de la presse Tahar-Djaout.

Il saisit cette occasion pour exhorter les citoyens des autres régions du pays à rallier ce mot d’ordre afin de disqualifier et discréditer la prochaine joute électorale. Un appel est ainsi lancé « au peuple algérien pour faire barrage à cette arnaque électorale qui ne fera que conforter le système et ses sous-fifres ». Ce message adressé aux Algériens à moins de deux mois de l’élection présidentielle est notifié dans une déclaration rendue publique à l’occasion de cette sortie médiatique. Les événements se précipitent, et le risque d’un éventuel regain d’émeutes dans cette partie du pays n’est pas exclu. Abrika relève que « les forces de l’ordre ont usé vendredi dernier de balles réelles pour disperser la foule descendue dans la rue pour refouler le ministre des Ressources en eau ». C’est dire, affirme-t-il, que « l’interdiction décrétée par les populations de Kabylie concernant les visites des officiels est toujours de mise ».

Le ton ferme de l’orateur renseigne sur la détermination du mouvement citoyen à aller jusqu’au bout de ses revendications : « Nous avons dit au Chef du gouvernement que nous somme prêts pour le sacrifice suprême afin d’arracher la dignité, la citoyenneté et une réelle démocratie pour notre peuple », relève-t-il. Avant d’ajouter : « Nous allons réoccuper la rue. » Et Beza Benmansour d’asséner un démenti au Premier ministre : « Contrairement à la déclaration du Chef du gouvernement faisant état que les deux parties décident d’observer une pause, notre déclaration est claire : c’est la rupture du dialogue. » Et qu’en est-il des visites des ministres qui sillonnent cette région du pays en quête de soutien pour le Président sortant ? « Ce sont des ministres clandestins, et c’est une honte qu’un cadre de la République de ce rang se comporte de cette manière », réplique le conférencier.

Concernant l’échec des pourparlers avec le gouvernement, la délégation des âarouch a fait part à ce propos « de l’absence de volonté des dirigeants politiques à prendre en charge les revendications démocratiques des citoyens ». Le refus des autorités à officialiser la langue amazigh a été à l’origine de l’échec des négociations. « L’entêtement du représentant de l’Etat à vouloir imposer la soumission de tamazight, langue officielle, au peuple par voie exclusif du référendum constitue une insulte, un reniement de l’identité amazigh, mais plus que cela une entreprise dangereuse de division des Algériens ». L’opinion nationale et internationale, signale le conférencier, « est désormais informée et interpellée à propos de la responsabilité du pouvoir politique du pourrissement que connaîtra éventuellement cette crise ». Aussi paradoxal que cela puisse paraître, le chef de l’Etat a appelé, lors de sa visite l’année écoulée dans la ville de Sétif, le mouvement citoyen à engager des négociations avec le gouvernement pour la mise en application de la plate-forme d’El Kseur. « Le temps a fini par dévoiler l’intention réelle du Président-candidat à vouloir utiliser la Kabylie afin de se présenter comme un Président de la concorde et de la paix », confie un des délégués.

Abordant la question des indus élus, M. Abrika a indiqué que « les représentants de l’Etat ont donné des assurances qu’ils partiront ces jours-ci ». Quant aux affaires liées aux poursuites judiciaires et les plaintes contre X, l’orateur a annoncé 554 cas classés en non-lieu. Une mesure qui touchera d’autres wilayas du pays marquées aussi par des événements de contestation. Concernant le traitement des impôts durant la période du Printemps noir, des commissions ont été installées pour fixer la liste des commerçants bénéficiaires des exonérations à décider.

Nadir Benseba, Le Matin

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