La Kabylie du rebelle kabyle Matoub LOUNES
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Kabylie : Retour à la protesta

 
Hier, les délégués membres de la délégation, qui ont quitté la table de négociations suite au refus d’Ouyahia de s’engager sur le statut de la langue amazigh comme langue officielle, se sont remis à la décision de l’interwilayas qui se réunit aujourd’hui pour se prononcer sur les suites à donner au désaccord qui a marqué l’amorce de la mise en uvre de la plate-forme d’El Kseur après une série de satisfactions des exigences des aârouch jusqu’au départ des « indus élus ».
jeudi 29 janvier 2004.

Mais d’ores et déjà, la population de la région s’estime flouée par la réponse d’Ouyahia qui, de l’avis unanime, n’est pas prêt à satisfaire la plate-forme d’El Kseur. Sur le point relatif au départ des « indus élus », la protesta du parti d’Aït Ahmed qui est concerné au premier chef semble être un échec. A Béjaïa, les militants n’ont pu réunir que quelques dizaines de leurs manifestants pour protester contre la décision de révocation des élus du parti installés sans voix en Kabylie lors des communales du 10 octobre 2002. Y compris le FLN de Benflis à Tizi Ouzou. Mais ces premiers troubles remis en scène ne sont pas à minimiser. C’est pourquoi les aârouch multiplient, depuis l’amorce du dialogue et surtout depuis avant-hier, des actions pacifiques pour appuyer la population dans son appel au rejet immédiat des « indus élus » par la voie pacifique. Aujourd’hui, une marche des aârouch à Béjaïa en même temps que se tient l’interwilayas à Tizi Ouzou est le signe d’une « radicalisation » d’une Kabylie qui reprend la protesta. Du côté des antidialoguistes, aile née depuis l’adoption du document fixant les conditions de mise en uvre de la plate-forme d’El Kseur par le groupe d’Abrika comme document référentiel du dialogue, ils se disent être confortés dans leur position par cet « échec du dialogue » qui leur « a donné raison ». Certains délégués de cette tendance n’excluent pas l’éventualité de revenir aux rangs serrés de la protesta du mouvement citoyen pour contrer le Pouvoir et se préparer à des actions de rue pour fermer la Kabylie à la prochaine présidentielle. Sur le rejet des élections, le porte-parole de la délégation qui a quitté la table est catégorique : « Il n’y aura pas d’élections en Kabylie tant que la plate-forme d’El Kseur n’est pas satisfaite. » L’avis est partagé par ses opposants de l’autre aile. Le groupe des onze se verra, à l’instar de Bouteflika, interdit en Kabylie. Aujourd’hui, le sommet de l’interwilayas aura à trancher la question sur la poursuite du dialogue. Ahmed Ouyahia est confiant même s’il persiste dans sa proposition. Dans ses déclarations hier à l’APS, dès que les aârouch ont claqué la porte, Ahmed Ouyahia ne perd pas espoir de voir les négociations aboutir affirmant que « les aârouch ont durant le dialogue adopté une attitude responsable » et qu’« il est légitime que la délégation consulte la base ». Le dialogue aura-t-il quelque chance d’être poursuivi alors que la Kabylie se remet à l’heure de la protesta ?

Rachid Mokhtari, Le Matin

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