La Kabylie du rebelle kabyle Matoub LOUNES
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Lahlou : Une histoire de piratage

 
Plus de un million d’exemplaires, un commerce parallèle florissant et des institutions incapables de mettre un terme à une si grave dérive. La chanson Sidi Belloua du chanteur auteur compositeur kabyle, Lahlou Tighremt, aura indéniablement défrayé la chronique ces derniers temps.
jeudi 15 janvier 2004.
Plus de huit années de piratage en effet sans que l’Office national des droits d’auteur (ONDA), interpellé d’ailleurs à plusieurs reprises, n’ait osé intervenir pour mettre un terme à cette situation. Le cauchemar de M. Tighremt commença en 1996, cinq ans après la sortie de son album Lhenni d thara en 1991 à Paris. L’annonce de cette nouvelle création n’est pas passée inaperçue dans le monde de la chanson berbérophone et arabophone. Des dizaines de chanteurs, qualifiés par M. Lahlou de « charlatans et destructeurs de l’art », se sont saisis de son uvre pour en faire « des ersatz de chansons et inonder le marché national ». Sidi Belloua, pour ne citer que cette chanson, est sur tous les supports sonores : des centaines de milliers d’exemplaires entre K7, VCD, film vidéo et CD sont mis sur le marché. Seule chanson mise en évidence Sidi Belloua. La tonalité, le rythme, l’arrangement artistique de la chanson sont impressionnants pour ne pas l’exploiter et espérer engranger des recettes considérables. Lahlou est devenue incontournable pour animer une fête. A Alger, en France, dans les Aurès et en Kabylie, cette nouvelle composition est écoutée partout. Elle est même diffusée depuis peu en Belgique. Les contrôleurs de l’ONDA ont confirmé que « pour le compte du seul chanteur Farid Braïk plus de un million de copies ont été éditées ». En effet, cet acte de piratage condamné par la loi a été commis en premier lieu par Audio Music établi à Tizi Ouzou puis repris à coups de millions de dinars par Akbou Music et ses sous-marques Gouraya Music à Béjaïa, La Voix des Berbères à Akbou L’affaire ne s’arrête pas là. De similaires agissements sont relevés dans d’autres maisons de disques au profit d’une pléiade de chanteurs : Charaphone, pour Farid Gaya, Sono Star pour Koceïla, Dounia pour Célina, Golden Music pour Nadia D’ziria, Allagh Music pour Djamel Lahcen. Comment un tel marché noir a-t-il prospéré sans que l’institution censée réguler, contrôler mais surtout protéger la production artistique ne réagisse ? L’ONDA a transmis plusieurs correspondances, entre 2000 et 2001, à ses différentes antennes régionales. Dans ces documents, la direction générale de l’ONDA a donné instruction à ses inspecteurs régionaux de notifier aux différentes maisons de disque « l’interdiction de reproduction ou l’interprétation des uvres de Lahlou Tighremt ». Aucune suite n’a été donnée. Les bénéficiaires continuent de profiter dans l’impunité la plus totale d’un marché aussi juteux. La victime, quant à elle, ne mâche pas ses mots. Elle accuse les inspecteurs de l’ONDA de complicité. Lahlou affirme, documents à l’appui, que d’autres correspondances, intitulées « lettres de relance », ont été adressées aux même inspecteurs pour mettre définitivement un terme à ce commerce frauduleux. Pire que cela, l’édition Charaphone est allée jusqu’à reproduire l’uvre sur K7, CD, vidéo et VCD sans le timbre de l’ONDA puisque l’autorisation de pressage n° 18837 a été annulée par la même institution en juillet 2001. Cette fois-ci, c’est une autre chanson de Lahlou qui subira le « détournement ». Il s’agit de Ayou Azine reformulée Ayouh, ayouh. Comble de l’histoire, l’ONDA vient de lui transmettre deux correspondances dans lesquelles elle lui fait savoir qu’il bénéficie de deux sommes dérisoires de 3 688,61 DA (pour l’année 2001) et de 7 982,98 DA (pour la période de 1997). Une aberration que le concerné ne veut pas admettre. Face à cette situation, il décide de porter plainte contre les auteurs et les producteurs des actes de piratage dont est victime son uvre. Son collectif d’avocats est, en effet, en train d’instruire l’affaire auprès des tribunaux compétents. Avant cela, l’artiste envisage de revisiter sa chanson dans une version satirique pour descendre en flamme à la fois les auteurs du plagiat et l’institution de l’ONDA qui s’est confinée dans une position des plus condamnables. Nadir Benseba, Le Matin
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