La Kabylie du rebelle kabyle Matoub LOUNES
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Kabylie : la rue partagée

Dialogue gouvernement-aârouch
 
Le processus de dialogue enclenché avant-hier entre les délégués des aârouch favorables à cette démarche et le Chef du gouvernement, et qui portera sur la mise en uvre de la plate-forme d’El Kseur - une fois la sixième incidence relative à la révocation des indus élus dépassée ­p ; est différemment apprécié par les citoyens. Les avis de nombreux citoyens de divers horizons qu’on a apostrophés hier à ce sujet pour connaître leur appréciation étaient partagés.
mercredi 21 janvier 2004.

Si, pour certains, il est temps de régler cette crise qui a tant affecté la région depuis près de trois années, pour d’autres, en revanche, même s’ils ne rejettent pas l’idée du dialogue qui reste une vertu, ils ne conçoivent pas l’option du dialogue dans cette conjoncture marquée par l’approche de l’élection présidentielle. Amar, la quarantaine et enseignant de tamazight à Tizi Ouzou, a qualifié ce dialogue de « supercherie ». Il s’explique : « A bien y regarder, nous sommes tentés de dire que c’est un dialogue sur les conséquences de la crise, c’est-à-dire les incidences, que sur la crise elle-même, et les conséquences politiques de fond qu’elle a soulevées. » Continuant sur sa lancée, notre interlocuteur semble convaincu que ce processus « n’est pas en mesure d’apporter des solutions » non seulement parce qu’il est « mené dans la division », référence à l’éclatement des aârouch en deux ailes profondément opposées autour de cette question, mais aussi dans la conjoncture dans laquelle il intervient. De ce fait, l’enseignant l’assimile à une sorte de « parodie qui n’est pas dénuée de visées purement électoralistes », donc qui aura pour résultat « le maintien du système et du mode de gouvernance en place » et dont « le changement radical reste pourtant l’une des principales revendications de la population qui a payé un lourd tribut ». Un autre jeune qui dit avoir accompagné le mouvement depuis sa naissance n’a pas, lui aussi, caché son désappointement par rapport à ce dialogue. Pour étayer ses dires, il cite : « Depuis le début, le mouvement a toujours exigé une réponse publique et officielle du Président sur la satisfaction de la plate-forme d’El Kseur. Or, il n’a fait qu’ignorer royalement cette exigence et les aârouch vont dialoguer avec ses représentants. » Il considère tout cela comme une « véritable mise en scène ». Ces déclarations qui reflètent l’opinion d’une partie de la population ne cachent pas non plus une autre tendance qui soutient l’initiative du dialogue. Les raisons mises en avant par ceux qui soutiennent l’enclenchement du processus de mise en uvre sont également multiples. Pour Mourad, étudiant à l’université Mouloud-Mammeri, « le dialogue n’est qu’un moyen universellement admis pour résoudre la crise qui a des conséquences désastreuses sur toute la région de Kabylie, aussi bien sur le plan social qu’économique. » « Il est temps que la machine soit relancée, ce qui ne peut se faire que par le règlement de cette crise aux multiples facettes », dira-t-il encore. Toutefois, il émettra quelques réserves quant à l’issue de ce dialogue entre deux parties qui négocient à armes de loin inégales. A l’instar de la structure qui a porté le mouvement citoyen désormais scindé en deux, le dialogue avec le Chef du gouvernement reste différemment apprécié par la population qui reste entre la norme et l’écart.

Brahim Boubchir, Le Matin

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