La Kabylie du rebelle kabyle Matoub LOUNES
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Khelifa Ihdan, poète et militant de la cause amazigh

 
Khelifa Ihdan (JPEG) Khelifa Ihdan ou Amazigh, comme préfère l’appeler nombre de personnes, est un poète kabyle né le 19 juillet 1948 en Kabylie.
lundi 5 février 2007.

Très jeune, il se consacre à la culture berbère et milite pour que tamazight soit reconnue dans son propre pays. C’est aussi l’une des figures infatigables ayant revendiqué, ouvertement, la démocratisation de l’Algérie depuis des lustres. Dans cet entretien il nous livre une part de son parcourt.

La dépêche de Kabylie : Parlez-nous de Khelifa Ihdan le poète ?

Khelifa Ihdan : Je ne pense pas que je suis vraiment un créateur (rires). C’est vrai qu’il m’arrive de tenter d’écrire des poèmes mais je ne me vois pas poète. Un poète c’est immense. Il ne suffit pas de coller les mots pour faire des textes poétiques. Cependant lorsque certains évènements de la vie me touchent j’écris. Je n’oserai pas dire que c’est de la création artistique mais c’est ma propre manière d’exprimer ce qui me fait mal.

Mais c’est peut-être ça le substantiel de la création artistique ?

Peut-être. Mais je le répète, je ne suis pas un poète. J’écris uniquement pour moi. Même s’il m’arrive de montrer mes écrits aux autres et de partager un certain bonheur avec eux.

Pensez-vous un jour éditer vos écrits ?

Je ne peux pas vous répondre. Une chose est sûre : je continuerai à écrire et à noircir du papier. Je pense qu’on n’écrit pas forcément pour les autres. L’art c’est aussi une réjouissance personnelle. Et comment parler d’une publication poétique dans un pays où il n’y a pas beaucoup de personnes qui lisent. Toutefois on ne peut jamais dire jamais, la vie peut nous réserver des surprises. Parfois, on peut faire des choses dont on n’a jamais pensé auparavant.

Comment êtes-vous venu au monde fabuleux de la création ?

Depuis mon très jeune âge, je m’intéresse à la chose culturelle. La Kabylie était une pépinière culturelle. Même si les gens vivaient dans une inénarrable misère la culture avait belle et bien une place très importante. Les poèmes, les contes, les proverbes et tous les autres genres de la culture orale sont omniprésents dans la vie quotidienne. Même si on avait ni école ni université ni salles de théâtre, l’art était apprécié à sa juste valeur. Je ne pouvais pas, alors, rester indifférent à tout ce qui se réalisait devant mes yeux.

Parlez-nous de votre militantisme dans le mouvement culturel Berbère ?

Comme beaucoup de personnes de ma génération j’ai fais un peu mon devoir. Durant les années 1970 c’était l’époque de la clandestinité. C’était une période très rude pour nous. Mais les militants de la cause berbère étaient infatigables. Les gens se donnaient à fond pour la cause sans calculs. On a d’abord pris conscience de nos revendications grâce à nos aînés tels que Mouloud Mammeri, puis on a tenté de les propager. Ce n’était guère une chose facile. Il fallait faire face aux interminables entraves. Sans compter les sacrifices. Personnellement j’ai même était licencié de mon travail à plusieurs reprises à cause de mon activisme. Après l’ouverture, dite démocratique, nous avons pas baissé les bras. Nous avons activé surtout dans des associations culturelles pour promouvoir notre culture et notre langue ancestrale.

Est-ce que tamazight est bien prise en charge aujourd’hui après qu’elle soit devenue langue nationale ?

Non. Pour parler d’une bonne prise en charge de la langue tamazight il faut d’abord qu’elle soit nationale et officielle, comme nous l’avons toujours revendiqué. Puis viendra automatiquement la concrétisation sur le terrain. Il faut généraliser l’enseignement de notre langue. Il faut que tamazight soit omniprésente dans les médias. Une présence effective pas uniquement pour la forme. Créer des télévisions, des journaux en berbère est plus qu’indispensable. Je pense que le grand malheur de tamazight aujourd’hui c’est qu’il n’y a pas assez de volonté pour que les choses changent. Que font les Berbères et surtout les Kabyles pour la promotion de leur langue ? - Si peu de choses. On se contente des célébrations occasionnelles. Et hop ! la parenthèse est fermée. De voir les tout petits espaces consacrés à nos racines on ne peut que dire que tamazight est délaissée par les siens. On dit si souvent qu’on est des Imazighen mais on est analphabètes dans notre propre langue. Quel est le nombre de Kabyles qui savent écrire leur langue ? Mais nous gardons espoir, quand même. Peut-être que les générations montantes prendront le flambeau. les gens vont enfin se consacrer sérieusement à leur identité et à leur langue. Idem pour la démocratisation du pays.

D’après la Dépêche de Kabylie

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