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Une académie pour Tamazight en Algérie

 
Une académie pour la langue tamazight en Algérie a été le leitmotiv de Abderrezak Dourari, directeur du Centre national linguistique et pédagogique pour l’enseignement de tamazight, hier, lors de la première journée d’un colloque international sur la normalisation du berbère.
mercredi 6 décembre 2006.

En l’absence d’une telle institution scientifique, qui sera constituée d’au moins trente-cinq chercheurs, il est difficile voire impossible à la langue amazighe d’avancer sérieusement sur le terrain scientifique. Dourari a été catégorique à ce sujet. Pour l’institution qu’il dirige, il demande une clarification quant à ses prérogatives. Lui, il revendique qu’elle devienne un centre de recherche mais pour cela, il faudrait qu’elle soit dotée de chercheurs de rang doctoral et magistral. Pour le moment seul le recrutement de licenciés lui est permis. Plusieurs autres chercheurs dont Dalila Morsly venue de France et Meryam Demnati du Maroc (Institut royal de la culture amazighe), entre autres, débattront jusqu’à demain soir de la problématique, beaucoup plus complexe que d’aucuns le croyaient, de la normalisation de la langue amazigh.

Pour Abderrezak Dourari, tamazight est une langue nationale au même titre que l’arabe. Il trouve anormal que l’une soit dotée d’une académie et l’autre non. D’autant plus que tamazight est intégrée dans les programmes scolaires depuis septembre 1994. Comme la majorité des participants sont venus à ce colloque avec l’idée préconçue ; ils ont cru que les débats allaient uniquement tourner autour du choix de la graphie, Dourari a tenu à remettre les pendules à l’heure, en précisant que ce point n’est qu’un parmi tant d’autres et que d’ailleurs, il ne vient qu’en sixième position dans le programme. Il y a d’autres préoccupations sérieuses comme l’orthographe. Dourari a indiqué que le choix de la graphie ne dépend pas uniquement des chercheurs. Ces derniers se limiteront à effectuer une évaluation des graphies. Les décideurs politiques trancheront.

Le fait de débattre encore de la graphie parait inapproprié en ce moment, dès lors que depuis des décennies des travaux colossaux en tamazight (littérature et autres thèses) s’effectuent avec la transcription latine. En pensant que les décideurs pouvaient seulement avoir l’idée peu originale et très provocatrice d’opter pour la transcription arabe, on imagine mal la réaction de ceux-là mêmes qui revendiquaient tamazight dans un passé très proche, une réaction qui, on le devine aisément, irait jusqu’au rejet catégorique de cette option, et du coup voir tamazight revenir à la case de départ. A ce sujet, Dourari se montre serein, lui qui privilégie toujours les arguments scientifiques. Ce genre de décision ne peut être prise sans la prise en compte de la réalité du terrain. Il serait anormal que cette réalité ne soit pas incluse parmi les critères déterminants dans ce choix. Dourari plaide pour une décision souple qui garantirait le vécu et l’avenir.

Mais l’intervenant rebondira encore de nouveau sur l’académie quand il sera interrogé en aparté. "Quand je parle d’une académie, ce n’est point une forme de parallélisme que je fais, j’insiste et c’est impérieux d’avoir un instrument scientifique doté d’une autorité morale capable de prendre des décisions au sujet des grandes questions inhérentes à tamazight.", affirme notre interlocuteur. Mais tous ces problèmes dépendent de la gestion de la politique linguistique de l’Etat algérien. Dans une Algérie constituée d’une société multilingue, il est nécessaire d’aménager des espaces de coexistence pacifique entre ces langues pour permettre de garantir une complémentarité et non pas des conflits stériles entre les langues pouvant se transformer en autre chose.

D’après la Dépêche de Kabylie

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