La Kabylie du rebelle kabyle Matoub LOUNES
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Un 18 avril en Kabylie

 
La Kabylie avait connu un des pires printemps de son histoire au lendemain du 18 avril 2001, jour de l’assassinat de Guermah Massinissa.
jeudi 20 avril 2006.

On ne saura peut-être jamais ce qui s’est réellement passé dans les sous-sols de la brigade de gendarmerie de Béni Douala en cette maudite journée, pour que le jeune Moumouh y perde la vie. Cinq ans après les faits, les mystères qui ont entourés ce meurtre ne sont toujours pas élucidés et, aujourd’hui encore, personne ne sait vraiment s’il s’agit d’un acte délibéré, d’une manigance arrangée ou d’un simple concours de circonstances. Ce qui est sûr, par contre, c’est que le tragique destin qu’a connu le jeune Guermah Massinissa allait mettre Béni Douala, Tizi Ouzou et bientôt toute la Kabylie est à feu et en flammes. A peine la nouvelle de sa mort connue, les Ath Douala, offensés et scandalisés, entreprennent d’assiéger la caserne des gendarmes pour tenter de venger leur jeune innocent. Des escarmouches très intenses ont eu lieu dès la journée du 19 avril.

Au soir du même jour, la situation devient inquiétante : Béni Douala s’enfonce définitivement dans la violence. Pire encore, l’agitation s’est rapidement propagée vers d’autres localités de la wilaya où les émeutes ont dangereusement gagné en intensité. Les populations d’Azazga, Fréha, Ifigha, Bouzeguène, Larbaâ Nath Irathen et bien d’autres se sont mises à reproduire, mécaniquement presque, le même procédé que celui initié par les Béni Doualis. Les brigades de gendarmerie sont, de ce fait, systématiquement prises d’assaut et attaquées à coup de pierres et de cocktails molotov. Le 22 avril au soir, les affrontements qui ont déjà atteint une quinzaine de communes, deviennent plus violents que jamais. On recense les premiers blessés sérieux. Les jeunes manifestants ne reculent plus devant rien. Devenus insensibles au gaz lacrymogène et totalement indifférents aux tirs de sommation, ils laissent exploser une telle fureur que certaines brigades, pourtant bâties en un solide béton, commencent à subir d’importants dégâts. L’embrasement est général !

Côté politique, c’est la totale banqueroute. Les incessants appels au calme lancés par les responsables politiques locaux demeurent lettre morte. Les jeunes manifestants ne se reconnaissent plus dans les discours des politiques. Ils s’entêtent à persévérer dans la violence. Cette même défaillance est également décelée aux plus hautes sphères du pouvoir. Les erreurs d’appréciation se suivent et se succèdent et les officiels (notamment le ministre de l’Intérieur), tombent dans de graves - mais surtout regrettables - inadvertances. Leurs attitudes provoquent un dangereux regain de violence. Cette fois, c’est irrémédiable, les politiques et les officiels s’affichent incapables d’endiguer la colère montante des jeunes émeutiers kabyles.

Entre temps, le corps de la gendarmerie organise sa “riposte”. Celle-ci sera d’une brutalité inouïe puisque les Darkis n’ont pas hésité à tirer sur les manifestants : c’était un véritable carnage. Les premières victimes tombent le 27 avril 2001, le jour-même où la localité de Seddouk à Béjaïa enterrait sa première victime, tombée le 25 du même mois. Les 28 et 29 avril ont été des journées particulièrement sanglantes. Azazga, une ville où les émeutes se poursuivent à un rythme effréné depuis plus d’une semaine, est le théâtre d’une terrible boucherie : neuf jeunes manifestants y sont assassinés en une seule journée. La situation a définitivement dégénéré. La Kabylie est à feu et à sang.

Par Ahmed Benabi

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