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Les procès contre la presse algérienne se multiplient

 
Plus d’une vingtaine d’affaires relatives aux délits de presse, concernant près d’une dizaine de titres, ont été traitées hier par tribunal de Sidi M’hamed d’Alger. Les procès pour diffamation, qui se sont déroulés ce mardi 20 janvier 2004 et qui concernaient exclusivement la presse privée, ont eu la particularité de relever la volonté de bâillonner la liberté d’expression.
mardi 20 janvier 2004.

A la barre des accusés, où se sont succédé directeurs de publication, caricaturistes et journalistes, ont été également conviés des citoyens et des syndicalistes dont le seul tort a été de recourir aux journaux pour dénoncer des injustices et la mauvaise gestion des entreprises qui les employaient. Hier à « la troisième chambre » ou « la section des journalistes », comme aiment à la qualifier certains avocats, se dégageait une volonté d’en découdre, très perceptible dans l’affaire opposant le ministère de l’Intérieur à El Khabar et El Watan. Le ton est annoncé avec les verdicts des affaires mises en délibéré, telles que les deux procès opposant Ouahid Bouabdellah, directeur général de Cosider, au Soir d’Algérie. Le magistrat qui a prononcé le non-lieu pour Fouad Boughanem, directeur de la publication, a prononcé 6 mois de prison avec sursis et une amende de 40 000 DA à l’encontre de Djilali Hadjadj. La même sentence est prononcée à l’endroit des rédacteurs en chef Malika Boussouf et Nacer Belhadjoudja. Ce qui constitue une « exception » puisque, pénalement, seuls le directeur de la publication et le journaliste auteur de l’écrit sont responsables. Le même verdict qui a été prononcé pour deux affaires différentes mentionne une amende de 1 million de dinars au profit de la partie civile et la publication du jugement dans le journal incriminé. Le directeur de la publication du Soir d’Algérie a été condamné dans une autre affaire à une amende de 40 000 DA et une indemnité de 100 000 DA au profit de la partie civile. Hier, Fouad Boughanem, qui a la fin d’une des audiences a déclaré « ne pas avoir appris le journalisme dans les tribunaux », a eu à s’expliquer sur un article, synthèse d’un communiqué qui dénonçait « le complot » qui visait le Conseil national du patronat algérien (CNPA). Une « énormité » que ne manquera pas de souligner devant le magistrat Fouad Boughanem qui sera appelé plus d’une fois à la barre. Plus chanceux, hier, Ali Dilem s’y présentera une seule fois, pour s’entendre dire que son affaire qui concerne un dessin publié le 29 novembre 2001 a été reportée pour le 17 février prochain. Une décision que ne justifie pas le caricaturiste de Liberté, un habitué du « club de la presse » du palais de justice. « L’habitude n’a rien changé au fait que je me demande ce que je fais ici. C’est une lamentable comédie. Le président fait semblant de présider. Il est grand temps que cette comédie cesse. Je n’ai pas honte de dire que je n’ai pas confiance en la justice de mon pays », nous a-t-il déclaré hier à la fin des audiences. Les plaidoiries auraient duré toute la journée si ce n’était le report pour différentes raisons de près d’une dizaine d’affaires. Des procès qui, hier, ont mobilisé près d’une journée les directeurs d’El Watan, du Soir d’Algérie, de Liberté, d’El Khabar, de L’Authentique et du Matin et de nombreux journalistes. Une situation qui a eu pour effet d’exacerber les éditeurs qui ont décidé d’une action commune pour dénoncer l’acharnement contre la presse privée. Ils animeront aujourd’hui une conférence de presse.

Saïda Azzouz, Le Matin

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