La Kabylie du rebelle kabyle Matoub LOUNES
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Anarchie des transports à Bouira

 
Entre les propriétaires des fourgons de transport public assurant la ligne Bouira-Ain Bessem sur une distance de vingt-cinq kilomètres, et leurs clients peu satisfaits de leurs prestations, il y a sans conteste un grand fossé.
jeudi 2 février 2006.

Ce n’est pas la première fois et certainement pas la dernière que les transporteurs desservant cette ligne élèvent la voix et montent au créneau pour dénoncer à qui veut bien l’entendre les mesures “abusives” prises par la direction du transport de la wilaya de Bouira. Celle-ci aurait délivré, tout récemment, des autorisations d’exploitation à 16 nouveaux transporteurs pour renforcer le service sur cette ligne, fortement fréquentée, mais assurée jusque-là par 56 fourgons de transport public. Ces derniers se sentant lésés ont vite réagi à la décision de la direction en observant une journée de protestation en envoyant une délégation représentative pour soumettre leur revendication.

Il ont plaidé aussi leur cause auprès des services concernés. Au terme de multiples tractations, les protestataires, qui n’arrêtaient pas de brandir la menace de déclencher une grève illimitée au cas où la direction ne procéderait pas à l’annulation pure et simple des autorisations octroyées aux nouveaux transporteurs, ont réussi à avoir le dessus. Ils ont même exigé de leur vis-à-vis que leur aire de stationnement à Ain-Bessem soit complètement rénovée et dotée d’abribus. Une revendication lucide et légitime d’autant plus qu’elle profitera beaucoup plus aux voyageurs qui subissent les désagréments des mauvaises conditions climatiques et de l’insalubrite qui affecte les lieux.

Si un compromis a pu être trouvé entre les deux partenaires pour régler un différend qui ressemble beaucoup plus à un insignifiant incident de parcours, a-t-on pour le moins pensé au citoyen qui n’a eu de cesse de revendiquer lui aussi son droit au transport ? Ceci dit, il ne faut pas perdre de vue que la décision d’autoriser d’autres transporteurs a été motivée par les multiples réclamations des citoyens parvenant quotidiennement à la direction. Mais celle-ci sans doute en manque d’idées pour organiser son secteur, a pensé régler un problème en créant un autre. La solution pour assurer le déplacement des citoyens, qui restent journellement en rade et sur la route reliant Ain Bessem-Bouira, passe indéniablement par le règlement du mode d’organisation à appliquer, mais certainement pas par l’ajout de nouveaux véhicules sur la même ligne.

Pour preuve, chaque matin, les transporteurs allant d’Ain-Bessem au chef-lieu de wilaya, se dirigent vers l’aire de stationnement pour embarquer les centaines de personnes qui les attendent. Une fois à Bouira, les propriétaires des fourgons refusent d’assurer la navette et de revenir même sans clients vers Ain Bessem pour ramener d’autres usagers abandonnés. Sur la route et dans les deux sens, il y a assurément des dizaines de personnes à transporter d’un village à un autre ou d’un endroit vers un autre, mais cela ne semble pas intéresser lesdits transporteurs qui préfèrent faire le pied de grue à Bouira jusqu’à voir leur véhicule rempli à craquer. A Ain Bessem et le long de la route, les citoyens (Travailleurs, étudiants, enseignants...), qui doivent se déplacer, peuvent toujours attendre l’arrivée d’un éventuel fourgon. A défaut, ils peuvent toujours rentrer chez eux et attendre le lendemain pour subir les mêmes aléas. Alors la question se pose d’elle-même, à quoi sert la multiplication de fourgons quand le transport est absent ?

Source : La Dépêche de Kabylie

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