La Kabylie du rebelle kabyle Matoub LOUNES
ACCUEIL | KABYLIE | CULTURE | MUSIQUE | PHOTOS | FORUM
Actualité
Culture
Femmes
Etudiants

Anniversaire de la mort de Slimane Azem

 
“L’Algérie mon beau pays, je t’aimerai jusqu’à la mort, Loin de toi, moi je vieillis, rien n’empêche que je t’adore !” Cette complainte de feu Slimane Azem reste incontestablement l’ode la plus patriotique de toute la poésie engagée.
dimanche 29 janvier 2006.

Il y a aujourd’hui exactement 23 ans, jour pour jour, que le chantre de la chanson kabyle succombait à une longue maladie à l’âge de 65 ans.

Issu d’une famille paysanne, Slimane Lamara, comme aimaient à l’appeler les proches, n’a jamais pu cacher sa passion pour la poésie et le chant dans sa petite enfance. Bien au contraire, avant même ses dix ans, on racontait qu’il avait réussi à confectionner sa propre guitare de fortune.

Très vite, le chant et la poésie donc se sont développés chez lui en s’exerçant d’abord sur les célèbres poèmes de Si Mohand U M’hand. Il est méritoire de rappeler que la mère de Slimane Azem, Yamina El Hadj, était également une poétesse. En somme, c’est beaucoup plus de sa mère, dit-on, qui a été sa muse. Son père Lamara était d’abord ouvrier puis boulanger avant de s’exiler dans l’Hexagone en compagnie de sa femme, en 1962. Une année après, le père du chanteur succomba à une maladie et sa mère ne revint au pays qu’en 1981. Na Yamina mourut deux ans plus tard. Elle n’avait pas pu survivre à la mort de son enfant, Slimane, qui était décédé neuf mois plus tôt.

A l’âge donc de six ans, Slimane Azem s’inscrivit à l’école du village. Son cursus scolaire n’était pas reluisant. Sa scolarisation avait duré 4 ans, mais elle était suffisante pour que le jeune Slimane puisse lire et écrire. A 11 ans, Slimane Azem avait déjà commencé à travailler dans un salon à Staouéli. A 19 ans, il rallia l’Angleterre. En 1940, il s’installa à Paris où il avait exercé en tant qu’ouvrier dans un camp de travail sur un chantier, puis il prit en gérance un petit café où il se produisait tous les week-end avec un orchestre amateur. C’est à cette période qu’il composa sa première chanson qui fera un tabac auprès de la communauté kabyle. C’était “Amoh, Amoh”. Vint le mouvement national, le chanteur n’hésita à aucun moment à se rallier au parti du peuple algérien (PPA) de Messali El Hadj.

Il a pris part à la majorité de ses meetings. Et c’est à cette époque-là, qu’il composa des chants patriotiques comme “Ifriquia”. Sa fibre nationaliste n’a pas été évidemment du goût des autorités françaises qui commençaient à le surveiller. “Effegh aya jrad tamurthiw” et “Yedhred wagur”, autrement dit “Sauterelles, sortez de chez nous” et “La lune apparaît” où il faisait allusion dans la première au colonisateur et dans la seconde à l’Indépendance, sont entre autres les chansons qui ont failli avoir raison de sa vie. L’armée française avait prononcé contre lui la peine capitale, suite à ce qui était devenu à l’époque la célèbre “affaire des sauterelles”.

Parmi aussi les plus émouvantes complaintes de Slimane Azem, c’est “Arebi El Muddeber”, qui mit à nu sa profonde mélancolie et son désarroi face à la précarité et au dénuement dans lesquels vivait sa communauté en France. Et ce n’est qu’en 1970 que Slimane Azem obtint son premier disque d’or en compagnie de Nora, chez les éditions Pathé-Marconi. Animateur, il le fut également dans l’émission radiophonique “Kabylie, mon beau pays”, avec le regretté Hamid chez Radio Paris. En 1977, Azem travailla avec cheikh Nordine, dans une autre thématique, celle des sketches où il met en branle les différentes facettes de la vie sociale. Et c’est au mois de juin de la même année que Slimane Azem fit ses adieux à la scène. 60 ans plus tard, il rendit l’âme.

Il fut enterré au cimetière de Moissac, dans le sud-ouest de la France. 23 ans après sa mort, Slimane Azem, le père spirituel de la chanson engagée mérite qu’un autre regard de l’histoire soit posé sur lui. Lui qui n’a jamais cessé de chanter son algérianité et son patriotisme. “Nous ne t’oublierons jamais, quel que soit notre triste sort !”. Da Slimane, ton hirondelle survole toujours les cieux de la Kabylie.

Source : La Dépêche de Kabylie

FORUMS
Music
Poésie
Tchatche
Rencontres
© Kabylie 2015 | Charte | Recommandez-Nous | Plan | Archives | Contact