La Kabylie du rebelle kabyle Matoub LOUNES
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Houari, le Kabyle de Numidia

 
Houari est l’un des piliers de l’association culturelle et sportive Numidia. Cette association apolitique est une sorte d’ambassade. Son siège est le point de chute de tous les Kabyles d’ici.
samedi 21 janvier 2006.

Houari est son prénom. Il s’appelle comme la majorité des Oranais, en référence au “Saint Sidi Houari”. Sauf que lui est Kabyle. Non seulement il l’est mais quand il se met à parler en kabyle, nous restons obnubilé par sa maîtrise et les métaphores dont il use. Pourtant, il n’utilise que des mots simples. Houari a constamment le sourire aux lèvres et il est beau. Un blond. Mais l’essentiel est ailleurs.

Il est l’un des piliers de l’association culturelle et sportive Numidia. Cette association apolitique est une sorte d’ambassade. Son siège est le point de chute de tous les Kabyles d’ici. Quand nous pénétrons dans le local de Numidia, la première chose qui attire le regard, c’est le portrait de Mouloud Mammeri. Il y a aussi les CD de Lounès Matoub. L’un de ces CD parle de la vie et de l’œuvre du Rebelle. Sur un mur, toutes les unes de la revue Tafukt, éditée mensuellement par Numidia, sont affichées. Sur un grand tableau d’écolier, nous pouvons lire des phrases écrites en kabyle. Dans l’autre bureau, moins spacieux, une grappe de jeunes entoure les deux micro-ordinateurs.

Ils apportent les dernières retouches aux préparatifs de l’hommage à Si Mohand ou Mhand. Quelques instants auparavant, Saïd Zamouche, le dynamique président de Numidia, vient nous chercher à la gare ferroviaire. Le voyage Alger-Oran, par train, est agréable car il s’agit d’une navette express. Nous rejoignons la capitale de l’Ouest après seulement quatre heures et demie. Saïd Zamouche et tous les Kabyles oranais ont l’air heureux d’accueillir des invités venant de Tizi Ouzou, Bouira et Bgayet.

Nadia Benamar, une dame qui fait de la poésie, rencontrée au Palais de la culture, fait partie de l’équipe : “Depuis 1991, nous n’avons pas vécu un tel événement inhérent à l’amazighité”, rappelle-t-elle. Les visiteurs de l’exposition envahissent par dizaines, puis par centaines le hall du palais. Ce sont tous des Kabyles qui vivent ici depuis de dizaines d’années. Ils se sont habitués à la région. Certaines femmes ont même adopté la tenue traditionnelle locale. C’est dire que le métissage culturel est chose courante. Nous remarquons la présence de nombreuses personnes âgées, femmes et hommes. Une vieille accompagnée de sa fille, passant par hasard devant le Palais, remarque que tout le monde parle kabyle. Elle demande à sa fille de s’arrêter : “Argu a nwali”, lance-t-elle.

Quand Youcef Goucem, de la Berbère télévision se met à filmer l’ambiance dans la rue aux alentours du Palais de la culture, il est vite assiégé par des dizaines d’autres Kabyles qui ignoraient l’existence de la manifestation. Un simple d’esprit passe par là. Ne comprenant rien, il dit en riant : “Ils parlent en anglais !” Lorsque nous nous mettons à distribuer la vingtaine d’exemplaires de la Dépêche de Kabylie, prises avec nous, nous sommes vite assiégés. “Pourquoi la Dépêche de Kabylie ne se vend pas ici ? La moitié de la population est kabyle, à Oran”, nous disent-ils tous. Nous les orientons vers notre site Internet.

Mais ils jugent que c’est insuffisant. Les nouvelles n’tmurt, c’est ce qui nous arrache à notre nostalgie. “Vous ne savez pas tout le bien que ça nous fait de lire un article parlant de notre village”, affirme Younès, 43 ans. Nous nous étonnons devant autant de nostalgie car la Kabylie est seulement à six heures de route.

Source : La Dépêche de Kabylie

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