La Kabylie du rebelle kabyle Matoub LOUNES
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Kabylie : Le dialogue débutera aujourd’hui

 
L’initiative du Chef du gouvernement qui tranche avec les précédents appels au dialogue propose-t-elle un traitement spécial au règlement de la crise de Kabylie qui dure depuis près de trois années ?
lundi 19 janvier 2004.

La réponse à cette question sera connue à l’issue du processus du dialogue qui sera enclenché aujourd’hui entre le Chef du gouvernement et les membres de la délégation des aârouch. Ils sont 24 auxquels revient la lourde responsabilité de discuter de la mise en uvre de la plate-forme d’El Kseur, document qui a suscité tant d’espoir au sein de la population après 34 longs mois de sacrifices marqués par 124 victimes, des centaines de handicapés, dont certains à vie, etc. Le choix des 24 n’a pas été facile et pour ce faire, il a fallu des heures et des heures de concertation et de débats parfois houleux, voire électriques. Pour cette délicate mission, la CADC de Tizi Ouzou sera représentée par Belaïd Abrika, Mohamed Iguetoulène, Noreddine Medrouk, Tahar Brachmi, Akli Senhadji, Saïd Chekkar et Mouloud Boumekla. Les délégués désignés par la CIC Béjaïa lors du sommet tenu durant la nuit de dimanche dernier au TRB sont Ali Gherbi, Farès Oudjedi, Yazid Mehdi, Hanafi Semmar, Beza Benmansour et Khodir Benouaret. Quant aux représentants de la CCCW de Bouira, il s’agit de Hakim Kacimi, Bélaïd Bounadi, Djamel Yahiaoui, Maâmar Chili et Djaffar Abdedou. Les autres wilayas, partie prenante de la structure interwilayas des aârouch, ont délégué respectivement Noredine Mezala (Boumerdès), Lyès Chibane (Alger), Fethi Achoura (Batna), Ayad Abdellah (Tipaza) et enfin Mansour Oumansour pour la wilaya de Sétif. Outre ces délégués, la délégation comportera également deux personnalités historiques - Si L’hafid Yaha et Amar Mohammedi -, en qualité d’observateurs, ainsi que deux conseillers juridiques. Après la réunion de concertation, tenue hier dans la région d’Ath Djennad, la délégation prendra ce matin la direction du palais du gouvernement où elle mettra sur la table les revendications portées haut la main. Mais avant de se réunir, un rendez-vous, qui sera maintenu ouvert, se tiendra à la salle Ibn-Khaldoun. Plusieurs points seront de nouveau passés au crible lors de cette ultime rencontre. En effet, avant de dire oui, les aârouch ont posé un certain nombre de préalables, appelés incidences. L évaluation de la situation, malgré l’engagement de M. Ouyahia à régler ces incidences avant l’entame des pourparlers, n’est pas reluisante. C’est ainsi que plusieurs éléments bloquants sont relevés et risquent de peser de tout leur poids sur l’issue de ce dialogue qui ne fait pas l’unanimité au sein des différentes coordinations du mouvement citoyen. D’abord le point le plus politique : « La révocation des indus élus. » Lors de la première prise de contact entre les deux parties, il a été convenu de renvoyer cette incidence, pour ne pas dire la noyer dans le dialogue. C’est d’elle que dépendra la suite des évènements. Les animateurs du mouvement, en tout cas, ne comptent pas reculer sur cette revendication dans son fond. Il reste le comment de la chose et son échéancier ainsi que les instruments juridiques qui doivent l’accompagner. L’autre élément toujours bloquant reste celui de la « perversion » de la revendication inhérente au contentieux avec la Sonelgaz relative à la suppression de la quote-part due à l’ENTV. Dans son dernier communiqué dans lequel elle a considéré ce dossier comme « clos », la Sonelgaz n’a, à aucun moment, fait référence à la suppression de la quote-part comme exigé par les aârouch. En termes purement pécuniaires, cette exigence se trouve royalement ignorée par les décideurs qui ne veulent pas lâcher du lest. Il y a également le cas de quelques délégués qui sont toujours poursuivis par la justice contrairement à leurs camarades qui ont bénéficié de non-lieu. Tous ces éléments peuvent en effet susciter appréhension et suspicion au sein des délégués, car de là dépendra l’avenir du processus de mise en uvre de la plate-forme d’El Kseur qui reste « scellée et non négociable ». Du règlement de toute cette problématique dépendra l’acceptation ou pas de l’ensemble des revendications du document de référence. Le chemin du dialogue a été long et la démarche du pouvoir, selon les observateurs, n’est pas dénuée de visées purement électoralistes. L’avenir du mouvement citoyen se jouera à partir d’aujourd’hui. Les regards seront braqués sur le palais du gouvernement et les pourparlers s’annoncent rudes.

Brahim Boubchir, Le Matin

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