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Les sinistrés à Boumerdès menacent de réinstaller leurs tentes

 
Des dizaines de familles sinistrées du 21 mai 2003, notamment au chef-lieu de wilaya de Boumerdès, ne sont pas encore rassurées sur leur sort en dépit des promesses des gouvernants de prendre en charge avant l’hiver leurs doléances.
lundi 19 janvier 2004.

Les chefs des familles infortunées rencontrés hier au centre de la ville de Boumerdès sont désespérés. « Les responsables locaux qui nous ont promis des chalets pour aujourd’hui (hier, ndlr) se sont dérobés », nous fait remarquer un des représentants de la cité 408-Logements dont la plupart des bâtisses sont classées orange 4. « Ni le maire ni l’un de ses adjoints n’étaient à leur poste pour nous recevoir », renchérit-il, en réitérant la menace des gens de ce quartier de réinstaller leurs tentes et leurs abris de fortune au cas où les autorités locales demeureraient insensibles à leur détresse. « Nos enfants refusent de passer leurs nuits dans ces immeubles en cours de réhabilitation et dont les travaux s’étaleront encore sur plusieurs mois », argumente-t-on. La colère se lit sur le visage de nos interlocuteurs quand ils parlent surtout de la fuite des élus devant leurs responsabilités. « Que ces autorités-là nous prouvent que les gens de cette cité sont moins sinistrés que d’autres, et nous cesserons de réclamer nos droits », martèle-t-on encore. Prises de panique suite à la violence secousse tellurique du 10 janvier 2004, mais lassées aussi apparemment par les atermoiements des pouvoirs publics, plus d’une quinzaine de personnes ont squatté ces jours-ci des chalets, notamment sur le site voisin du Sahel. Les autorités locales ont l’intention, laisse-t-on entendre, de les y déloger en soumettant leur cas au préalable à la justice. « Même s’ils (les responsables) font intervenir la force publique, je ne quitterai pas ce logis », tempête une des personnes concernées, réclamant plutôt « une enquête sur l’attribution arbitraire des cabines en préfabriqué ». « Qui déclenchera cette enquête sur ces élus qui, après avoir prêté allégeance à Bouteflika, ont carrément avantagé leurs proches et ceux qui roulent au profit du clan des redresseurs ? » s’interrogent de nombreux sinistrés à Boumerdès. Le climat demeure tendu aussi devant le siège de l’APC de Thénia. Hier, plus d’une centaine de chefs des familles sinistrées se bousculaient dans les escaliers et le couloir menant au bureau de l’édile municipal. « Ma bâtisse est classée rouge 5 et ma famille passe ses nuits sous un abri de fortune en cet hiver rigoureux », tonne M. Aliani. Verbalement, on lui a promis il y a un mois un chalet. « Mais concrètement, je n’ai encore rien obtenu », se plaint-il. Un autre d’enchaîner : « Je veux un second chalet, car celui dont je dispose (36 m2) ne peut suffire à ma famille composée de 12 personnes. » La prise en charge des doléances de tous les sinistrés n’est pas encore au rendez-vous, malgré le sempiternel tintamarre des pouvoirs publics d’autant que la deuxième tranche de l’aide financière n’est pas encore octroyée aux nécessiteux, dont les bâtisses individuelles sont classées orange 4 et 3. On réclame aussi d’autres indemnités, entre autres, celle concernant les biens immobiliers perdus et qui s’élève à 200 000 DA.

Salim Haddou, Le Matin

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