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Dahmane El Harrachi : Le chantre de la nostalgie

 
De son vrai nom Abderrahmane Amrani, Dahmane El Harrachi est l’un des illustres artistes algériens vouant leur vie au service de la chanson chaâbie. Avec sa voix rocailleuse et ses paroles crues, il relate les différentes étapes de la vie humaine, avec ses espoirs et ses peines.
lundi 3 octobre 2005.
Dahmane El Harrachi - 5.4 ko
Dahmane El Harrachi

Kifache nensa bilad el khir, Ouadjbini ya assima. L’amour du pays, l’émigration, Ya rrayeh, l’honnêteté, Ma yenfaâ ghir sah, Khebi serek ya lghafel, l’amour “Ya Lhedjla, les méfaits de l’alcool Ya kassi, sont, entre autres, la constituante des thèmes prédominants du grand répertoire de l’auteur chanteur compositeur de la chanson chaâbie, Dahmane El Harrachi, disparu un 31 août 1980 dans un tragique accident de la circulation.

Né un certain 7 juillet 1926 à Fontaine Fraîche “El Biar”, Dahmane est originaire d’une famille modeste, issue de la porte du désert, Biskra, il est orienté vers l’école coranique dès son jeune âge par son père, Chikh El Amrani, muezzin à Djamaâ El Kebir, d’Alger. A six ans, il est scolarisé jusqu’au certificat de fin d’études. Il passe la grande partie de son enfance au quartier populaire d’El Harrach, ce qui lui valu le surnom d’“El Harrachi” qui va devenir son nom d’artiste durant toute sa carrière.

Dahmane exerca plusieurs métiers, dont celui de cordonnier, receveur de tramway, bottier tout en s’initiant au banjo et à la chanson chaâbie. Nourri à l’école de Hadj Menouer, Larbi Annabi, Cheikh Bourahla, Khelifa Belkacem, Dahmane El Harrachi embrasse alors la carrière musicale définitivement. Il travaille avec un autre maître du chaâbi, Chikh el Hasnaoui, “décédé il y a deux ans” dans l’enregistrement de certains disques, avant de faire partie de l’orchestre de Chikh Mohamed Mohamedi et Hadj Menouer.

C’est au début des années 1950 qu’il signe son apparition dans la chansonnette, avec son interprétation de Bahdja beïda ma thoul, en décrivant la beauté de la capitale. En 1949, Dahmane émigre, pour résider à Lille puis à Marseille avant de s’installer à Paris. Il fréquente les cafés maghrébins, pour y chanter l’exil et les souffrances, avec des mots simples accompagnés d’une mélodie qui sied au goût des mélomanes. Son engagement et son attachement aux valeurs culturelles profondes de son peuple sont traduites dans ses chansons, dont Kifache nensa biled el khir. Il évoque aussi dans son riche répertoire la condition humaine avec Ach dani nkhaltou, l’amitié avec Men sabni nkoun anaw hbabi, Ma yenfaâ ghir sah, Ma tkhalet men wala, Enta houa sbaibi et autant d’autres chansons inspirées d’un quotidien vécu.

Quelques mois avant sa disparition, la télévision algérienne lui consacre un film, Saha Dahmane, réalisé par Salim Benkadi, qui le révèle davantage au public. A travers cette production qui retrace les pérégrinations d’un émigré venu passer des vacances au bled pour y retrouver ses amis et les siens.

Les Algériens se souviendront à jamais de ce 31 août 1980, où un tragique accident de la circulation, survenu sur l’axe routier Aïn Benian-Alger, a mis fin à la carrière de ce virtuose de la musique chaâbie, dont le nom restera gravé dans les mémoires, de tout un chacun. Lui qui a si bien chanté Mazelna h’na hayine w n’touma koultou matou. Les grands ne meurent jamais !

Source : La Dépêche de Kabylie

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