La Kabylie du rebelle kabyle Matoub LOUNES
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Saïd Sadi pilonne la charte de Bouteflika

 
Une présidence à vie. C’est, selon le Dr Saïd Sadi, le seul objectif du référendum sur la “charte pour la paix et la réconciliation nationale” voulu par Abdelaziz qu’il refuse d’appeler président de la République mais simplement chef de l’État “une fonction qui peut être imposée” à la société.
mercredi 28 septembre 2005.

Le texte soumis à référendum “est un brouillon pour une Constitution qui consacrerait le pouvoir absolu”, a estimé le chef du RCD lors d’une conférence de presse au Centre d’accueil de la presse étrangère à Paris. “Cette charte est un déni de justice et de vérité. Elle évacue tout ce que le combat pour les droits de l’Homme impose désormais à tous les pouvoirs”, a-t-il dit, accusant le chef de l’État de ne pas vouloir “tourner la page” de la crise “mais de la déchirer”.

Ce qui, selon Saïd Sadi, “est inadmissible et, de toute façon, impossible”. “L’Afrique du Sud et le Maroc, confrontés à des situations semblables, ont géré avec courage et lucidité les séquelles et les passifs des drames qui les ont affectés. Ce faisant, ils ont certainement prémuni leur peuple contre des risques de récidives barbares”, a-t-il argumenté qualifiant le projet de Bouteflika de “démarche qui veut imposer l’amnésie devant des crimes contre l’humanité. Démarche d’autant plus consternante”, relève-t-il, que “le chef de l’État relance la revendication de la repentance de la France coloniale sur les crimes commis en Algérie”. “On peut être d’une grande exigence envers son ennemi d’hier à condition de ne pas justifier les mêmes crimes commis dans son propre pays”, a-t-il estimé.

Anticipant les conséquences de la charte, M. Sadi estime qu’elle est “dangereuse pour l’avenir” et qu’elle constitue une “bombe à retardement”. Se livrant à une lecture de texte, il a aussi relevé que le contenu du document “relance le contenu des années de plomb”. En définitive, rien ne justifie l’organisation du référendum du 29 septembre “hormis la volonté de s’émanciper d’un cadre constitutionnel qui consacre déjà une omnipotence du pouvoir présidentiel”.

Avec cette critique au vitriol, le chef du RCD ne pouvait que s’exposer à prendre des coups de la part de quelques journalistes qui lui ont rappelé son soutien passé au président Bouteflika. Sadi rappelle que le soutien découlait du programme des réformes publiquement assumé par Bouteflika et qui recoupait celui du RCD sur l’école, la justice, les banques... Il révèle avoir gardé une “marge de manœuvre” en refusant d’intégrer personnellement le gouvernement comme le lui demandait Bouteflika. Le Dr Sadi s’est montré intraitable sur les positions de son parti à l’égard de l’islamisme.

Il a refusé d’imputer à l’ANP toute la violence qui a déferlé sur le pays et d’exonérer les GIA de toute responsabilité. Il a aussi refusé de considérer que “l’Histoire est un complot” comme le suggérait une question sur les manipulations de ces groupes par les services de sécurité. “Qu’il y ait eu des manipulations, c’est une évidence. Que des gens aient tiré profit de ce qui s’est passé, c’est aussi une évidence. De là à dire que les islamistes sont un groupe angélique, c’est un pas que je ne franchirai pas.

Ce n’est quand même pas les généraux algériens qui ont déposé les bombes à Londres”, a-t-il répondu. Interrogé sur une recomposition du champ politique, il ne voit qu’une “forme de césarisme qui vire vers le mystique” de la part d’un président qui a une “démarche prophétique”. S’agissant de la Kabylie, il a affirmé redouté une “riffisation” de la région en analogie à la soumission imposée par la monarchie marocaine à la région du Rif. Il constate que le pouvoir est en train d’encourager la délinquance et la culture de canabis révélant que 17 plantations ont été découvertes dans la région sans que cela n’émeuve les autorités.

En fait, c’est la mise en branle d’une opération de “normalisation” de la région. La parade résiderait, selon lui, dans la conjugaison des efforts du FFS et du RCD aux prochaines élections. “Les élections municipales seront très difficiles. Si le RCD et le FFS ne conjuguent pas leurs efforts, il y aura une fraude mémorable”, a-t-il averti souhaitant des listes communes ou, au moins, une surveillance commue du scrutin.

Source : liberte-algerie.com

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