La Kabylie du rebelle kabyle Matoub LOUNES
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Des œuvres poétiques et littéraires berbères en souffrance...

 
Les œuvres importantes (355 poèmes), un conte pour enfants avec dessins, des mots croisés et fléchés en amazigh sont des réalisations de l’homme de culture, en l’occurrence Houd Malek, pionnier de la lutte pour la cause berbère. C’est d’ailleurs pour la servir qu’il s’est reconverti en enseignant de tamazight laissant de côté son métier de pétrochimisite. A 46 ans, sa fervence ne s’anéantit jamais, il totalise ainsi une carrière poétique de trente années. Aujourd’hui, il veut faire connaître son œuvre à un public plus large.
samedi 17 janvier 2004.

La Dépêche de Kabylie : Comment étaient vos débuts en poésie ?

Houd Malek : Mes premières compositions étaient avec la langue de Molière au temps de Boumediène, époque où écrire et revendiquer était vue comme un péché... Exactement, ce fut au lycée, cette oppression a fait naître en moi une inspiration profonde et j’ai pu rédiger mes premiers vers. Assoiffé de connaître ma langue maternelle, je me suis consacré à son étude malgré le manque de moyens didactiques. J’étais dès lors persuadé que notre combat pour que tamazight soit enseigné aboutira. En 1977, j’ai réalisé mon premier poème en tamazight. Poussé par la marginalisation que j’avais subie à l’époque, je dus travailler à Arzew. Ce sentiment d’étranger dans mon pays me tuait. On ne pouvait même pas l’écrire (tamazight) entre amis. Quelle dictature ! Vous savez, en un temps normal, je ne peux composer, la conjoncture de crise et le mal de la société constituent de vrais stimulants.

Vous avez à votre actif 335 poèmes, de quoi traitiez-vous ? Je crois que j’ai fait allusion, la part du lion revient aux poèmes engagés. De même, j’ai des poèmes d’amour, de citoyenneté et aussi des hommages aux hommes de culture tels Farid Ali, Boussaoud Med Arab, Kateb Yacine, Mouloud Mammeri, Tahar Djaout, Chikh El Hasnaoui sans omettre le rebelle Matoub Lounès.

Ce sont ces poèmes que vous avec recueillis en livre ? J’ai recueilli 50 de mes poèmes dans un livre intitulé Assirem yessramen (l’espoir qui espère) subdivisé en thèmes : Thilleli - numeslay (liberté d’expression) Tuflayt yettwagzen (langue menacée) Tizimit dyimaniuw (la solitude) Tayri ih ! tayri (l’amour... oui, l’amour) Tadmilit... (hommage à...) Tadynin (faits divers) Tebrek nni tefssut (noirceur du printemps) où j’ai rendu un vibrant hommage aux victimes du Printemps noir. Quelques-uns de mes poèmes ont été publiés dans la revue Rivages en1986-1987, initiative d’un groupe d’hommes de culture à Tazmalt. Ils sont aussi émis par une association belge œuvrant pour la promotion de tamazight dans une production intitulée "Tikiri"

Pourriez-vous nous faire part d’un extrait de l’un de vos poèmes ? Le choix est difficile, mais je vous propose celui-ci Taybaylit Dagdud yettagin ddel nugi ad nbelddel seg zik akka inella

En plus d’œuvres poétiques, la poésie aussi est un créneau dans lequel vous vous êtes investi ? Oui, je viens de terminer une de mes contributions. Il s’agit d’un conte intitulé Tamachahut nwedrar aberkar destiné aux enfants, orné de dessins merveilleusement faits, il contient 28 pages. Il viendra le cas échéant enrichir notre bibliothèque et sera au service des enseignants et des élèves. Les textes contenus sont à exploiter dans des leçons de lecture, grammaire et orthographe. A celui-ci s’ajoute 300 grilles de mots croisés et fléchés en tamazight. Certaines ont figuré dans le quotidien Le Matin. En outre, elles sont publiées dans la revue éditée par ladite association en vue de faire sortir mes œuvres sur le marché. Hélas, les prix proposés par les éditeurs sont onéreux, et quant à mes propres moyens, ils sont très limités.

Que comptez-vous faire pour exaucer vos vœux ? Je lance un appel d’abord aux éditeurs qui doivent être compréhensifs et qu’ils fassent des concessions. Ceci permettra l’émergence de divers livres enterrés et qui revêtent un des aspects socioculturels très importants. Aussi, au ministère de l’Education s’il a vraiment le souci d’introduire efficacement l’enseignement de tamazight d’apporter ses contributions également au HCA qui est une structure agréée qui peut normalement nous prêter une assistance morale et financière.

En votre qualité d’enseignant de tamazight, quel constat faites-vous sur la matière ? Du côté des élèves, ils expriment un grand enthousiasme, le contact leur est facile et leur volonté est immense, seulement, les problèmes des enseignants de cette langue sont embarrassants. A ce jour, le manuel scolaire fait défaut, nous attendons son arrivée bien qu’il soit longtemps achevé. Ce retard est dû aux problèmes de transcription, nous avons pourtant opté pour le latin qui est plus commode et avec l’évolution contemporaine. Ceux qui plaident pour une transcription en arabe ne sont en réalité que des gens qui ont tout fait pour l’enterrer.

Votre dernier mot ? Merci à vous et aux efforts fournis aux service de la culture. Je souhaite que vous pourriez ouvrir dans votre journal une page d’expression amazigh, pour satisfaire les fervents lecteurs de cette langue qui nous est chère.

Propos recueillis par Besbas Akli, LA DÉPÊCHE DE KABYLIE

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