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Béjaïa : Le suicide prend de l’ampleur

 
La courbe du suicide poursuit sa folle ascension dans la wilaya de Béjaïa. A tel point que cette région passe pour l’une des plus touchées à l’échelle nationale par le fléau tragique.
dimanche 3 juillet 2005.

Le bilan macabre dressé par les services de la Protection civile fait état de 40 cas de suicide pour les six premiers mois de l’année 2005. Ce bilan fait ressortir la prévalence du suicide chez l’homme et sa faible incidence chez la femme. La mort par suicide fauche de préférence l’adulte jeune dont la tranche d’âge est comprise entre 20 et 35 ans.

L’emplosion des pathologies psycho sociales et la prévalence des troubles mentaux, quoique insidieuse chez les jeunes, sont avancées par certains experts comme étant les facteurs clés de la velléité de suicide et partant, de la conduite suicidaire chez ces sujets prédisposés qui en viennent ainsi à attenter à leur vie. “Il est vrai que des facteurs complexes interviennent pour fragiliser le sujet qui perçoit le suicide comme l’unique échappatoire pour se soustraire à une situation intenable ou du moins vécue comme telle”, nous explique un psychiatre qui parle du phénomène de “décompensation” survenant à l’occasion d’un deuil, d’un échec professionnel ou d’une déception sentimentale.

Notre interlocuteur déplore que la maladie mentale au même titre que la tentative de suicide soit largement frappée de tabou. “Les tentatives de suicide sont souvent maquillées en accidents, et les personnes ayant essayé de nuire à leur vie ne bénéficient même pas d’une prise en charge d’où le risque de récidive”, s’offusque le médecin. Et d’enchaîner : “Nous citons les personnes ayant tenté de se suicider par l’alisorption de subsistances nocives. Bien que ces personnes aient pris plusieurs comprimés leur acte est déclaré comme un cas d’intoxication accidentelle et non comme une tentative de suicide”.

Partant du postulat que dans la majorité des cas, le candidat au suicide présente des troubles pychiatriques ou des troubles de la personnalité pas forcément pathologiques, mais néanmoins facilement décelables par un professionnel de la santé mentale, le psychiatre plaide pour “la multiplication des espaces thérapeutiques de proximité dans les établissements éducatifs et autres structures afin de traiter la souffrance morale des sujets en détresse psychologique”.

La tragédies du suicide serait donc facilement évitables pour peu qu’un réseau de centres d’écoute médico-psychologique soit déployé dans la communauté (dispensaires de quartiers, polycliniques, écoles, maisons de jeunes...). Encore faudrait-il que la représentation sociale de la pathologie, la maladie mentale soit considérée en tant que telle et non pas une “honte” tout juste bonne à cacher et à stigmate.

Nacer Maouche, depechedekabylie.com

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