La Kabylie du rebelle kabyle Matoub LOUNES
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La Kabylie à feu et à sang

 
La Kabylie s’enflamme. En dix jours, une cinquantaine de personnes ont trouvé la mort dans ce vaste mouvement de colère et de revendication des droits culturels et économiques. Les appels au calme lancés par des partis politiques et des associations locales sont restés sans effet face au désespoir des jeunes de la région.
dimanche 29 avril 2001.

Jour après jour, la Kabylie s’enfonce dans la crise sociale et identitaire. Les affrontements se font de plus en plus meurtriers. Vingt-neuf morts pour la seule journée de samedi. Dimanche en fin d’après-midi, le bilan total s’élevait à 50 morts et plus d’une centaine de blessés depuis le début des émeutes. Les affrontements les plus durs qui opposent les manifestants berbères aux forces de sécurité algériennes ont eu lieu à Tizi Ouzou, Bouira et Bejaïa, mais aussi dans de nombreuses petites villes des alentours de cette région de l’est algérien.

Les bâtiments publics et tout ce qui représente aux yeux des émeutiers, un quelconque symbole de l’autorité, ont été la cible de pillages. Le bilan des dégâts matériels est impressionnant, de nombreux bâtiments publics ont été détruits ou incendiés. Des lampadaires ont été systématiquement cassés, des véhicules brûlés, des magasins et des maisons de la culture saccagés. Les émeutes lors du « printemps berbère » d’avril 1980 n’avaient pas connu de bilan aussi lourd.

Une situation explosive

Le pays berbère s’est bel et bien enflammé et devant cet incendie, l’armée ne bouge pas, laissant les gendarmes et les forces anti-émeutes le soin d’assurer la sécurité face à des manifestants échappant à tout contrôle. Ce mouvement de colère dont le détonateur a été la mort d’un lycéen tué le 18 avril dernier dans une gendarmerie près de Tizi Ouzou, échappe totalement aux partis politiques.

Les appels au calme lancés par le FFS (Front des forces socialistes) et le RCD (Rassemblement -pour la culture et la démocratie)- partis théoriquement proches des idéaux kabyles- n’ont visiblement pas été entendus. Malgré l’annulation des marches pacifiques prévues par le FFS, les manifestants sont descendus dans les rues. Ils y ont exprimé leur « ras-le-bol » de l’injustice qu’ils estiment subir de la part du pouvoir algérien, réclamé un mieux-être social. Les jeunes berbères, au-delà des revendications culturelles et linguistiques traditionnelles, exigent des mesures économiques et sociales pour leur région touchée par un taux de chômage particulièrement élevé en Algérie.

Du côté d’Alger, le régime du pouvoir central ne communique pas ou peu. On attendait samedi un discours du président Abdelaziz Bouteflika. En vain. En revanche, le ministre de l’intérieur s’est exprimé dimanche matin, et a parlé d’événements graves, mais n’a donné aucune information sur le bilan de ces dix jours d’émeutes.

Myriam Berber, rfi.fr

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