La Kabylie du rebelle kabyle Matoub LOUNES
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La Kabylie « maintient la pression »

 
Le relatif échec de la dernière marche d’Alger n’a apparemment pas découragé les ’archs’ de Kabylie, ces structures traditionnelles qui dirigent la révolte berbère.
dimanche 8 juillet 2001.

Les comités de villages (les fameux « archs ») de la wilaya de Tizi Ouzou, à l’issue de deux jours de réunions non stop à Azeffoun, ont décidé de « maintenir la pression populaire » mais aussi élaboré, non sans difficulté, un avant-projet de charte à soumettre à leur base ainsi qu’aux autres wilaya. Tandis qu’à Béjaïa, la coordination des archs a tenu sa propre réunion pour « évaluer la marche avortée des délégués du jeudi (5 juillet) à Alger » et « définir des perspectives d’envergures pour le mouvement ».

Le relatif échec de la dernière marche d’Alger n’a apparemment pas découragé les archs, ces structures traditionnelles qui dirigent la révolte berbère. Pour eux, il ne s’agit pas du tout d’un échec, mais d’une « grande réussite ». « Notre action est une grande victoire politique sur le pouvoir », ont dit certains délégués, avant d’ajouter que l’entêtement du pouvoir et sa fuite en avant poussent inéluctablement le mouvement à sa radicalisation. Une autre « marche nationale à Alger » est à l’étude pour le 20 août prochain, et le mot d’ordre de désobéissance civile commence à circuler notamment à Béjaïa. D’autre part, dans le souci de préserver le mouvement de toute récupération politique, la plupart des délégués ont refusé l’idée d’organiser des assises du mouvement.

A Tizi Ouzou, la charte mise au point à Azeffoun prévoit elle aussi d’autres marches, des sit-ins et des meetings. Mais de nombreux délégués ont tenu à rappeler que les µarchs’ sont « un mouvement citoyen, pacifique, sans mandats électoraux pour les membres, ni statut officiel pour le conseil de wilaya ». Leur souci principal semble être d’éviter de se transformer en parti politique, mais de durer jusqu’à l’obtention de la principale revendication : une véritable démocratisation du pouvoir politique en Algérie.

« Le mouvement de protestation va devenir plus politique et la contestation plus intelligente »

C’est aussi pour cela que les µarchs’ ont tenu a démentir la rumeur d’éventuels contacts informels en cours entre des proches du président Bouteflika et des délégués de la coordination. Cette rumeur avait été rapportée ces derniers jours notamment par des journaux privés. « En tout cas, nous n’avons mandaté personne pour le faire. Lors de nos assemblées plénières, nous avons décidé qu’aucun contact ne doit être engagé ni avec la présidence ni avec un quelconque représentant du pourvoir », ont déclaré des délégués au quotidien Liberté.

En réalité, plus de deux mois après le début e la révolte, les comités de villages veulent donner une impulsion à la fois plus politique et plus pacifique à leur mouvement, même si des émeutes sont toujours signalées dans différentes villes. En parvenant à éviter l’affrontement direct avec les forces de l’ordre, jeudi dernier à Alger, ces comités de villages ont prouvé aux yeux du pouvoir comme de l’opinion publique qu’il sont en mesure d’encadrer une révolte née dans le feu des émeutes. « Nous avons démontré au pouvoir que nous sommes représentatifs de la population en Kabylie qui nous fait confiance et applique nos consignes. Les jeunes impulsifs sont désormais encadrés par des adultes dans des comités de quartier qui ont reçu pour instruction de les convaincre de ne plus affronter les forces de sécurité », a déclaré un responsable des µarchs’ de Dra Ben Khedda, près de Tizi Ouzou. « Le mouvement de protestation en Kabylie va devenir plus politique et la contestation plus intelligente », a-t-il ajouté, sans exclure, comme extrême limite, un « appel à la désobéissance civile ».

Elio Comarin, rfi.fr

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