La Kabylie du rebelle kabyle Matoub LOUNES
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Farid Feragui enflamme Bordj Bou Arréridj

 
Il est 13h15. Un fourgon J5 avec au franton un drapeau vert et jaune atterrit devant la maison de la culture Mohamed-Boudiaf de Bordj Bou Arréridj. Il s’agit d’un groupe de jeunes tous âgés de moins de 20 ans, venus de la région de Sidi Aïch pour assister au récital de Farid Feragui, prévu à 14h30.
samedi 30 avril 2005.

A l’entrée de la belle salle de spectacle, le service d’ordre est débordé.

Farid Feragui. - 3.9 ko
Farid Feragui.

Les agents de police arrivent et mettent la main à la pâte. Mais la tâche est ardue, car le public est dans sa quasi-totalité jeune et déborde d’énergie. Difficilement, les jeunes ont pu accéder à la salle sans qu’il y ait de débordement. L’assistance est composée de Kabyles principalement habitant les communes kabylophones de la wilaya de Bordj Bou Arréridj et au chef-lieu. Abdelhak Benchelli du groupe local de musique, Itran, explique que la population kabyle de Bordj. soif de ce genre de spectacle. Ce point à lui seul explique que Farid Ferragui est très estimé ici, comme le témoigne Adji Youcef, responsable de Ifri Music. Nous n’avons pas remarqué une forte présence féminine contrairement à Tizi et Béjaïa. Ceci peut avoir pour explication l’éloignement des villages kabyles du chef-lieu wilayal.

L’ambiance dans la salle au moment du déroulement du concert était électrique... Quelques minutes avant le coup d’envoi, Farid Daf, responsable de Mas Production, apporte les dernières retouches aux préparatifs. Il désigne un agent d’ordre dans chaque issue de la salle, craignant des débordements. L’animateur Hamid Moualhi rencontre Ferragui pour un briefing. Et juste après, Moualhi monte sur scène sous un tonnerre d’acclamations. Toute la salle applaudit. Les quelques femmes installées sur le balcon (ici, la mixité, la yadjouz) lancent des youyous qui parviennent à se frayer un “chemin” dans le brouhaha généralisé. L’animateur tente de tempérer les ardeurs pour pouvoir dire quelques mots en guise d’exorde. L’assistance ne veut rien comprendre. Elle revendique Farid Feragui.

Après qu’un jeune artiste amateur eut interprété une chanson, Farid Feragui pénètre dans la salle muni de son luth. La salle se lève et sur un fond d’applaudissements, crie à tue-tête : “Farid ! Farid ! Farid !”... L’artiste a l’air surpris, car il ne s’attendait pas beaucoup à une telle affluence. Cette forte présence le revigore et le ressource. Il souhaite la bienvenue à tous, presque oubliant que c’est lui l’invité de toute cette foule. “Je suis suis très ravi de compter autant de fans ici à Bordj Bou Arréridj, ceci prouve que la langue kabyle se porte bien”. Applaudissements. Ferragui entonne sa première chanson Massinissa. Suivent d’autres belles chansons qui bercent le public. Quand Farid Ferragui interprète les chansons rythmées, Hamoudi Moumouh et Mouloud, par respect, les jeunes hésitent à danser. Pour les encourager, Farid prononce à maintes reprises : “Afus”.

Les applaudissements dans la salle augmentent de cadence et c’est là que l’espace réservé à la danse est envahi par des dizaines de jeunes. Cette ambiance de fête émaillée de scènes interminables de prises de photos n’a été interrompue qu’à l’entracte. Un autre artiste amateur chante une chanson sentimentale en attendant le retour de Ferragui. Dans la deuxième tranche, l’artiste n’acclamera que les titres ayant pour thème l’amour. L’assistance est transportée à son corps défendant, dans un autre monde. Celui des rêves et des souvenirs mêlés... Cette ambiance de sérénité est interrompue avec les dernières chansons. Ferragui a choisi qu’elles soient rythmées pour renouer avec l’ambiance du début et terminer en apothéose. Retour à l’ambiance électrique. Les membres du groupe Itran ont eu trop de mal à maîtriser les jeunes qui dansaient et se défoulaient à fond, voulant à chaque fois monter sur scène pour embrasser l’artiste. Les agents de police finissent par pénétrer dans la salle.

A la fin du spectacle, Azedine Hamaoui, maire de la commune kabylophone de Djaâfra en compagnie de Samir Taâlbi, directeur de la Maison de la culture de Bordj Bou-Arrérid monte sur scène pour vêtir Ferragui d’un burnous blanc, en signe de gratitude aux moments de bonheur ineffables, offerts à la jeunesse. Ayant prévu une séance de prise de photos-souvenirs avec ses fans, Farid Ferragui n’a pu tenu sa promesse, car le service d’ordre est débordé et n’a, pu maintenir le public dans la scène. En un éclan la scène a été prise d’assaut. Ferragui s’est excusé auprès du public et a quitté la salle sous le dispositif sécuritaire.

En passant par Bordj Bou Arréridj, Ferragui a laissé des traces. La population de Bordj a été très accueillante et d’une générosité digne des vrais Kabyles.

Par Aomar Mohellebi, depechedekabylie.com

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