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Lamari : “Nous avons préparé des scénarios”

 
L’Armée exige “un consensus au sein de la classe politique comme préalable” à son intervention “pour garantir la probité des élections”. Mohamed Lamari a parlé. Pour autant, il est resté très parcimonieux dans ses propos. En s’exprimant mercredi dernier en marge de la visite du président Bouteflika au musée de l’Armée à Alger, le chef d’état -major s’est conformé à son discours habituel sur la “neutralité positive” de son institution.
samedi 17 janvier 2004.

À quelques mois d’une échéance présidentielle cruciale, cette neutralité, selon Lamari, doit s’exercer dans le souci de ne pas influer sur le résultat des urnes. “Nous ne sommes pas partie prenante et nous ne voulons pas nous impliquer dans le jeu politique actuel”, a-t-il assuré. Ce retrait cependant, n’implique pas l’indifférence de la grande muette. C’est du moins ce que prétend le général de corps d’armée en se faisant l’écho d’une précision importante : “On n’a jamais dit que l’ANP est neutre. Nous suivons de très près ce qui se passe sur la scène politique”, souligne Lamari. En tant qu’observatrice, l’armée, selon son chef, doit accepter le choix du peuple. “Il n’a jamais été question de soutenir un quelconque candidat. Nous accepterons n’importe qui, peu importe son appartenance politique, mais à condition qu’il se conforme à la Constitution et respecte le pluralisme ainsi que l’ordre républicain”, soutient le chef d’état-major. Par deux fois déjà, l’année dernière, dans des entretiens accordés à l’hebdomadaire français, Le Figaro magazine et au quotidien égyptien El Ahram, il avait défendu cette option en allant même jusqu’à préfigurer un cas extrême, l’élection du chef d’El Islah, Abdallah Djaballah, à la magistrature suprême. “L’ANP ne fait pas les présidents”, avait indiqué à l’époque le général de corps d’armée. Pourtant, tout comme en 1995 où le cercle restreint des généraux avait propulsé Liamine Zeroual à la tête de l’État, un scénario identique s’est reproduit en 1999 avec l’élection de Bouteflika. Depuis, les militaires se sont-ils réellement résolus à retourner dans les casernes et ont-ils décidé de ne plus se mêler aux intrigues de palais ? “Il est fini le temps où l’institution militaire pour des considérations de stabilité et de cohésion nationale intervient dans le jeu politique”, répète inlassablement Lamari. À ses yeux, une seule éventualité, la plus extrême, imposerait l’intervention de l’ANP dans le champ politique. Elle aurait trait, dira-t-il, à la violation de la Constitution et l’atteinte au cadre institutionnel établi. Le comportement du président de la République, accusé à ce propos de velléités visant l’instauration d’un pouvoir personnel, peut-il susciter une telle intervention ? “Jusqu’à présent, nous n’avons pas prouvé de manière tangible, soit à travers une déclaration critique de l’armée, soit par des faits et des pratiques, une violation de la Constitution par le Président”, indique le chef d’état-major. Et d’ajouter : “Si des preuves existent, qu’on nous les donne”. Parlant de l’initiative du front contre la fraude, le général de corps d’armée a relevé son caractère embryonnaire. “Laissons les choses mûrir encore”, suggère-t-il. Toutefois, Lamari n’a pas manqué de fustiger certains des concepteurs de cette démarche en soulignant que “les gens qui demandaient auparavant à l’armée de retourner dans les casernes sont les mêmes qui sollicitent aujourd’hui son implication dans le champ politique”. “Que veulent-ils de notre institution ? Veulent-ils qu’on opère un coup d’État contre Bouteflika et qu’on le limoge. Cette éventualité est exclue. Que ceux qui veulent arriver à El-Mouradia retroussent leurs manches et comptent sur eux et non sur l’armée”, préconise le général. Pour autant, le scrutin du printemps prochain préoccupe sérieusement l’ANP. D’après Lamari, l’armée envisage beaucoup de “scénarios dont il est hors de question de révéler le contenu”. Quels sont-ils ? L’institution militaire, “très vigilante”, a-t-elle prévu des réactions en fonction de chacun d’eux ? En attendant, le chef d’état-major exige “un consensus au sein de la classe politique comme préalable à l’intervention de l’ANP pour garantir la probité des élections”.

Samia Lokmane, Liberté

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