La Kabylie du rebelle kabyle Matoub LOUNES
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Belaïd Abrika : “La Kabylie vaincra !”

 
Pour le quatrième anniversaire du Printemps noir, Belaïd Abrika, porte-parole des 20 émissaires des archs à la chefferie du gouvernement, porte un regard plutôt optimiste sur l’avenir de la Kabylie, ses ambitions ainsi que ses défis futurs. Convaincu que seul l’intérêt de la région primera, Abrika explique dans cet entretien que la région et le Mouvement citoyen ont fait de grands pas vers la sortie de crise et que le bout du tunnel est désormais plus proche que jamais.
mercredi 20 avril 2005.

La Dépêche de Kabylie : Après quatre années de tumulte et d’agitation, la Kabylie et le Mouvement citoyen s’apprêtent cette année à commémorer les Printemps noir et amazigh dans le calme et la sérénité. Votre appréciation là-dessus ?

Belaïd Abrika : Comme vous dites, et après quatre années de tumulte sans relâche, le Mouvement citoyen ainsi que toute la Kabylie s’apprêtent effectivement à célébrer ce double anniversaire. Cette année, ça sera un événement un peu particulier parce que ce dernier coïncide avec l’engagement de l’Etat à mettre en œuvre la plate-forme d’El Kseur, après avoir signé un accord global. Parallèlement à cela, la population a senti que certaines démarches allant dans ce sens peuvent effectivement déboucher sur une sortie de crise, notamment après la visite, hier, du chef du gouvernement, Ahmed Ouyahia, en sa qualité de représentant de l’Etat. Ce dernier s’est incliné, à l’occasion, à la mémoire de nos valeureux martyrs et c’était une manière de demander pardon et d’assumer encore une fois la responsabilité de l’Etat quant aux évènements tragiques qu’a connus la région depuis 2001.

Quel bilan faites-vous justement de ces quatre printemps ?

Un bilan, ça serait toute une histoire à écrire. Pour un mouvement qui a à son actif, quatre années d’intenses activités et qui représentent pour nous, plus de 40 ans de lutte, parce que nous demeurerons convaincus que c’est un combat générationnel et que nous devons reconnaître que nos aînés ont, eux aussi, consenti d’énormes sacrifices, particulièrement ceux de 1949, ceux de l’Académie berbère, à leur tête Bessaoud Mohamed Arab, les fameux poseurs de bombes menés par feu Haroun Mohamed, ainsi que, bien évidemment, ceux de 1980 (appartenant à ma génération) et qui ont marqué le plus la revendication identitaire à travers la protestation. En 2001, une nouvelle génération de Kabyles a hérité du fardeau de la contestation et s’est élevée contre la hogra et le mépris sous toutes ses formes.

Pendant ces quatre années de colère, ces jeunes étaient constamment appuyé par l’engagement de tout un ensemble d’artistes et de militants qui ont eux aussi, contribué à leur manière à crier haut et fort que la Kabylie n’abdiquera jamais. Au passage, je tiens à dire que mes pensées les plus sincères vont aujourd’hui à Matoub Lounès, notre chantre à tous, et qui reste l’un des plus farouches défenseurs de l’identité amazighe.

Le bilan que nous en faisons nous, en tant que Mouvement citoyen, s’articule autour de trois axes principaux depuis 2001 : d’abord la phase d’urgence où il fallait faire face à l’embrasement pour tenter d’arrêter l’effusion du sang, puis prendre en charge les revendications citoyennes, de s’organiser et de commencer le combat dans le cadre des structures du Mouvement citoyen. La phase actuelle consiste à faire aboutir tout un combat, auquel plusieurs générations ont participé. Un aboutissement qui couronnera inexorablement toutes ces décennies de sacrifices. Aujourd’hui, nous pouvons même dire que le bout du tunnel paraît proche. Nous ferons avancer notre pays vers une nouvelle étape, où on en finira avec l’injustice, la hogra, où on aura plus de justice et moins de misère.

Pensez-vous que la Kabylie est capable de sortir de son marasme actuel ?

La Kabylie a suffisamment de ressources et de potentialités humaines capables de la prendre en charge et de faire barrage à tout ceux qui veulent maintenir le pourrissement et le K.O. La Kabylie a toujours été à l’avant-garde de toutes les luttes démocratiques dans ce pays, et ce, bien avant 2001. Aujourd’hui, elle est sur le point de démontrer, encore une fois, que seuls son intérêt et celui de l’Algérie primeront. Comme à l’accoutumée, elle sera capable de déjouer toute tentative, toute manœuvre qui va à l’encontre de ses intérêts et de celui de la population.

Comment voyez-vous l’avenir de la région ?

L’avenir de la Kabylie s’inscrit dans le cadre de l’édification d’un Etat fort, d’une République démocratique et sociale, telle que l’a conçue Abane Ramdane à travers le congrès de la Soummam. Bien évidemment, nous sommes aujourd’hui dans une phase où on a entamé l’application de la plate-forme d’El Kseur. Nos revendications démocratiques et sociales commencent à trouver bonne oreille. Cela, sans omettre le plan d’urgence dont le lancement est imminent, et qui va apporter le plus grand bien à notre région et qui sera appliqué et suivi par des représentations jouissant de la légitimité populaire. Ces dernières travailleront pour la citoyenneté rien que la citoyenneté et toujours pour la citoyenneté.

L’avenir s’inscrit toujours dans le cadre d’un combat qui continue. Hier, c’était dans la rue, aujourd’hui dans les institutions et chaque génération posera ses revendications et il faudrait qu’on arrive au point où l’Etat puisse répondre aux doléances de ces populations.

Propos Recueillis par Ahmed Benab, depechedekabylie.com

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