La Kabylie du rebelle kabyle Matoub LOUNES
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Marche et grève générale à Tizi Ouzou

 
Des milliers de citoyens étaient hier au rendez-vous du 20 Avril à Tizi Ouzou pour prendre part à la marche à laquelle avait appelé la CADC pour commémorer le 24e anniversaire du Printemps berbère. Vers 9 h déjà, les citoyens commençaient à affluer au carrefour du 20 Avril, à proximité de l’université, point de départ de la manifestation.
mercredi 21 avril 2004.

De larges banderoles noires portant des mots d’ordre hostiles au pouvoir et d’autres rappelant l’exigence de satisfaire la revendication amazigh dans toutes ses dimensions. L’ombre de Matoub Lounès, comme celle de Hakim Allouache, mort dernièrement dans un incendie « criminel », disent les aârouch, à Fréha, a plané sur la manifestation tant l’occasion a été saisie, comme à l’accoutumée, pour réclamer toute la lumière sur cette affaire. C’était une revendication mise en exergue par le carré de la fondation Matoub-Lounès qui avait à sa tête la présidente Malika Matoub. Des militants du Mouvement pour l’autonomie de la Kabylie (MAK) étaient aussi de la partie. Scandant des slogans favorables à l’autonomie de la Kabylie, ceux-ci seront vite « rappelés à l’ordre » par des délégués du mouvement citoyen. Un geste qui sera interprété par les militants du MAK comme « une exclusion ». Vers 11 h, la procession humaine s’ébranle dans le calme pour atteindre, une heure plus tard, le siège de la wilaya après avoir parcouru les rues principales de la ville en passant par la place centrale. Arrivés au niveau du siège de la Sûreté de la ville, les manifestants redoublent les slogans hostiles aux CNS : « La chiwar, la hiwar, tamazight obligatoire » et « Ulac smah ulac » Autrement dit « nous réclamons tamazight sans dialogue » et « nous ne pardonnerons pas aux assassins ».

C’est que le Printemps berbère et le Printemps noir s’imbriquent et vont jusqu’à se superposer pour réunir toute la population, malmenée et victime d’un déni identitaire de longues années durant, autour des exigences qui se cristallisent autour de la démocratie. Cependant, la manifestation d’hier devrait rappeler tous les animateurs de la scène politique locale à une réalité amère : l’effritement et la dislocation des segments politico-sociaux et culturels qui portaient la revendication amazigh. Ce qui s’est manifesté par une mobilisation moindre par rapport aux années précédentes mais surtout par l’absence des personnalités politiques et culturelles qui, par le passé, se faisaient un devoir de défiler dans les rues de Tizi Ouzou le 20 avril pour commémorer le Printemps berbère. Seul était présent à la marche hier le coordinateur national des associations amazighs, Ould Ali El Hadi.

La manifestation qui s’est déroulée sur fond de grève générale s’est achevée dans le calme devant le siège de la wilaya. Les délégués des aârouch ont saisi cette occasion pour réitérer leur exigence de faire de tamazight une langue nationale et officielle sans passer par le référendum. Belaïd Abrika, Noredine Medrouk et d’autres délégués inviteront la foule à se séparer dans le calme. Entre-temps, les autonomistes s’étaient retirés en cours de route pour improviser un court rassemblement devant le siège de la FFC au centre-ville durant lequel ils déclareront condamner leur « exclusion » de la marche. Quant à la grève générale à laquelle avaient appelé les aârouch, elle a été massivement suivie dans plusieurs localités, à l’image de Fréha, Azazga, Bouzeguène.

Kamel Omar, Le Matin

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