La Kabylie du rebelle kabyle Matoub LOUNES
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JS Kabylie

Entretien avec le président de la JS Kabylie (1ère PARTIE) - HANNACHI à coeur ouvert

La Dépêche de Kabylie : Pour commencer, la question qui revenait le plus dans le courrier que nous avons reçu est celle-là : en gros, quel est votre commentaire d'une manière générale sur le bilan de cette saison ?
Moh-Chérif Hannachi : Je pense que pour une équipe qui a réussi à remporter une coupe d'Afrique et finir dans le haut du tableau en championnat avec la suspension de notre stade et le huis clos qui nous a été imposé même à l'extérieur, ce n'est pas du tout rien. Croyez-moi, la JSK a honoré la Kabylie et elle l'a fait dans des moments très difficiles, et ce n'était pas une chose facile. On a réussi quand même à remporter la coupe de la CAF pour la troisième fois de suite et cela s'est fait pendant les évènements de Kabylie qui n'ont pas épargné l'équipe. Nous avons réussi un énorme défi, croyez-moi, car si tout le monde conviendra avec moi que remporter un titre africain c'est une mission délicate, il est encore plus délicat de le conserver.
La JSK a réussi un triplé qu'aucun club africain n'a atteint. C'est historique et très honorable pour notre club et la Kabylie qu'il représente. C'est pour cela que je considère que le bilan de la saison est, quoi qu'on dise, positif sur tous les plans, moral et financier, car ce n'est pas facile à un club de survivre, je dis bien survivre dans une période telle que la JSK a traversée.
On a fonctionné dix-neuf mois durant en jouant constamment à l'extérieur et à huis clos quand c'était à nous de soi-disant recevoir, sans aucune recette, ni recettes de stade, ni recettes de pub, mais, en plus, on devait assurer nos charges. Croyez-moi, ce n'est pas donné à tout le monde de dépasser une telle souffrance. Alors là s'offrir un titre continental... Voilà pourquoi je persiste à dire que nous n'avons pas failli. C'est déjà une performance que la JSK soit restée sur les rails. Un autre club aurait complètement coulé.

Considérez-vous que le huis clos puisse à lui seul suffire pour expliquer le parcours mitigé de l'équipe en compétitions nationales ?
Ecoutez, je défie n'importe quel club qui pourrait se vanter de réussir un titre avec cette contrainte de jouer tout le temps à huis clos et, au mieux, devant des supporters adverses. C'est de l'impossible. Le huis clos nous a vraiment cassés. Nous avons pu récupérer dix-neuf points de l'extérieur, chose qui n'est pas insignifiante et qui prouve la bonne santé de l'équipe. Malheureusement, nous avons perdu en cours de route Yacine Amaouche, et son retrait a sensiblement perturbé l'équipe. Et ce n'est là qu'un élément parmi tout un groupe de blessés qui ont dû à un moment ou à un autre déclarer forfait, ce qui fait que l'équipe était presque constamment diminuée également sur le plan effectif. Je citerai Medjoudj aussi pour ne retenir que ces cas vraiment compliqués et qui nous ont fait défaut.

En parlant de huis clos, les équipes qui ont réussi à prendre le dessus sur la JSK que ce soit à Boumerdès ou, plus tard, à Bordj Menaïel, ont évolué dans les mêmes conditions. Alors, comment expliquez-vous ces défaites ?
Prenons l'exemple du CRB. Je vous assure que ce jour-là, la JSK pouvait au moins mettre cinq buts, mais aucune de ces balles n'a franchi la ligne. Ils avaient de la chance et croyez-moi que c'est un détail qui compte en football. Je vous renvoie à notre dernier match à Tizi Ouzou contre la Sonacos : on a buté sur le poteau, sur la transversale, on a raté un penalty, on n'a pas eu de chance, vraiment. Et puis, c'est ça le charme du sport. Le grand Real n'a-t-il pas perdu par 5-1 chez lui devant ses 100 000 spectateurs. Ma foi, parfois il faut savoir accepter la défaite, c'est aussi cela le sport. Une défaite ne peut remettre en cause la bonne gestion d'un club qui joue toujours le sommet. Et c'est le cas de la JSK dont le nom a toujours été cité que ce soit dans la course au titre ou en coupe. J'essaye de comprendre les supporters qui veulent voir leur équipe tout rafler, mais ce n'est pas possible. Qu'ils fassent preuve de sagesse et regardent chez d'autres clubs. Citez-moi un seul exemple d'un club qui a pu maintenir la même cadence sur tous les fronts après avoir remporté un titre.

Pourquoi la JSK, après la suspension de son stade de Tizi Ouzou, a-t-elle opté pour le stade de Boumerdès et non pour celui de Béjaïa ?
Mais ce n'était pas possible. La JSMB et le MOB étaient déjà domiciliés. Déjà avec ces deux clubs, la pelouse est tout juste pratiquable. Ajoutez à cela la contrainte de l'éloignement. De Tizi Ouzou à Boumerdès, on en a pour une demi-heure alors que sur Béjaïa, vous en avez au moins pour deux heures et puis notre programmation à Béjaïa aurait sans doute posé problème du moment que deux clubs y sont déjà domiciliés. Mis à part ces contraintes, tout aurait été possible, bien sûr.

Pourquoi jusque-là la coupe de la CAF n'a-t-elle pas visité Béjaïa ?
Tout d'abord, là une explication s'impose : je n'ai pris la coupe d'Afrique que là où j'ai été invité. Ceci dit, la coupe a visité Béjaïa et plus d'une fois même. Récemment, Amaouche l'avait encore prise chez lui. Maintenant je ne peux assurer un show à tous les villages de Béjaïa, comme à tous ceux de la Kabylie entière bien sûr. On, compte plus de 2000 villages en Kabylie ; imaginez que je me mette à en faire le tour. Si à chaque bourg, je consacre juste une journée, le tour me prendrait au moins six ans. Soyons sérieux, ce n'est pas possible pour moi de faire ça, mais à tous ceux qui l'ont demandé, la JSK ne le leur a jamais refusé. C'est la coupe de la JSK et de la Kabylie, et on ne peut en priver personne.

La JSK a passé une saison difficile et des moments pénibles durant lesquels les supporters auraient aimé voir les enfants du club se réunir autour d'une même table pour assister leur équipe. Mais ce ne fut pas le cas. Pourquoi ? (Les noms qui ont été cités sont Khalef, Fergani, Menad, Iboud et Hannachi.)
Écoutez, déjà dans une même famille kabyle ce n'est pas tout le temps l'harmonie entre les membres qui la composent. Je comprends que c'est là un vou des supporters de la JSK qui ont été marqués, pas ces joueurs qui ont fait les grands moments de l'équipe à une certaine époque. Ce n'est pas le cas, je le regrette, mais ils doivent comprendre que à la JSK aujourd'hui, il y a une AG qui a élu un président et ce dernier a désigné son comité directeur avec lequel il travaille en étroite collaboration. Je vous défie de me nommer un club en Algérie où tous les postes de responsabilité sont occupés par des anciens du club comme c'est le cas à la JSK. Il n'y a pas Fergani, il y a Sadmi, il n'y a pas Menad mais il y a Medane et j'en passe. Nous avons aussi les Meghrici, Larbes, Harb. Le jour où on jugera à l'AG que le groupe ne donne plus satisfaction, on partira. Mais on ne peut exiger de moi de cohabiter avec X ou Y, chacun a sa personnalité à préserver. Une chose est sûre. Le club a besoin de stabilité et dans les moments difficiles, il serait plus sage d'appeler justement à la sagesse des spectateurs que de les pousser à bout pour enfoncer davantage le club à travers des déclarations à la presse. C'est bien beau et facile de dire que la JSK mérite un titre, mais ces gens-là, qu'ont-ils fait pour que le club puisse décrocher ce titre justement ? Et là je ne cible personne en particulier mais j'ai retenu qu'ils ont été nombreux à enfoncer la JSK et qu'à aucun moment ils ne se sont mis de son côté ne serait-ce que pour dénoncer la sanction abusive dont le club fut victime. Dans n'importe quel club, lorsque tout va pour le mieux ça marche comme sur des roulettes, mais c'est justement lorsque des problèmes surgissent que le club a besoin que ses enfants s'y mettent pour apaiser la situation. Maintenant est-ce qu'on a fait de cette sagesse une culture à la JSK ? Je laisse le soin aux Kabyles d'en tirer les conclusions. Maintenant, pour revenir à la question, précisément je dirai que les supporters se contentent de citer des noms mais ne connaissent pas le fond des personnes. De ces cinq noms qu'il ont cités, moi je dirai que peut-être qu'il y en a trois qui aiment la JSK et les deux autres, non. Car lorsqu'on prétend aimer un club, on l'aime quel que soit le président qui est à sa tête ; aujourd'hui c'est Hannachi et demain ce sera un autre. Dans ma tête, je ne peux concevoir ou concéder à quelqu'un, même ancien de la JSK, de justifier un quelconque acharnement sur le club tout simplement parce que c'est un autre qui est à sa tête. Maintenant, il se trouve que je suis à la tête de l'équipe et je le suis réglementairement puisque j'ai la confiance de l'AG qui m'a élu et certains des noms que nous m'avez cités je vous le dis franchement, on ne se parle même pas pour une raison ou une autre et de ce fait, je ne peux composer avec eux ; maintenant, si quelqu'un se voit plus capable et peut apporter un plus au club, il n'a qu'à venir se présenter à l'AG, Hannachi n'est pas éternel.

On dit que vous décidez toujours seul. Est-ce vrai ?
À la JSK, il y a un comité directeur que je consulte par correction et au besoin, et les choses se passent très bien. Maintenant, si ceux qui ont posé cette question ont une quelconque arrière-pensée, je leur répondrai franchement que le salut de la JSK revient en grande partie au fait qu'il n'y a qu'un seul chef, je ne veux en rien enlever du mérite de mes assistants que je remercie au passage mais de tout temps lorsqu'une boîte, une maison ou une équipe est gérée par deux têtes, un jour ou l'autre elle aboutit à la catastrophe. Ceci dit, autant je jouis de larges prérogatives en tant que président autant je n'ai jamais fui mes responsabilités que j'ai toujours assumées pleinement même lorsqu'elles furent contrariées.

Liberté du 09 juin 2003


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