La Kabylie du rebelle kabyle Matoub LOUNES
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Histoire Kabyle : Il y a 1320 ans : la bataille de Tahouda

En 670, l'Afrique du Nord fait encore partie intégrante de l'empire Byzantin. Cet empire est très affaibli suite aux coups portés par les troupes arabes depuis 632, lesquels ont déjà entraîné la perte de deux provinces, la Syrie et l'Egypte.

Dans ces conditions, l'empereur de Constantinople se trouve dans l'impossibilité de défendre ses possessions en Afrique du Nord. De plus les Gréco-Byzantins ne contrôlent qu'une infime partie du territoire nord-africain. Concentrés dans les villes de la côte, ils vivent du commerce maritime et s'entendent mal avec les tribus berbères de l'intérieur des terres.

Profitant de cette situation, Oqba ibn Naafa, général de l'empire Omeyyade stationné en Egypte, entreprend la conquête de l'Afrique du Nord. Il installe un camp militaire à Byzacène, aujourd'hui Kairouan, en Tunisie. En quelques mois, profitant des divisions entre berbères et byzantins, il soumet tout l'Est de l'Afrique du Nord (actuelle Tunisie et Algérie orientale). La légende veut même qu'il soit allé jusqu'à l'Océan Atlantique où il se serait écrié « J'ai répandu l'Islam jusqu'au bout de l'univers ! ».

En 683 (an 63 de l'hégire musulmane) les choses changent. Devant la brutalité inouïe d'Oqba et de ses troupes (qui effraie même le Calife à Damas !) les citadins gréco-byzantins oublient leur méfiance des berbères et décident de former une alliance avec eux. De leur côté, les différentes tribus et principautés berbères acceptent de s'unir pour la circonstance. Le chef choisi pour diriger cette coalition anti-arabe est un prince berbère chrétien, Koceïla, qui gouverne un vaste royaume semi-indépendant dans les Aurès. Dirigeant respecté et habile tacticien, Koceïla voue une véritable haine à Oqba ibn Naafa. En effet, celui-ci l'avait fait prisonnier plusieurs années auparavant et l'avait humilié publiquement.

La révolte dirigée par Koceïla balaye complètement les envahisseurs arabes du nord de l'Afrique. Les garnisons arabes sont massacrées dans les villes où elles stationnent. Oqba est forcé de se replier vers l'Est. Il commet alors une grossière erreur : il sépare ses troupes en deux, renvoyant vers l'Egypte le gros de son armée, chargée d'escorter le fruit de leurs pillages en Afrique du Nord.

Oqba et le reste de ses hommes se dirigent alors vers le Sud-Est. Mais ils rencontrent l'armée des berbères de Koceïla à la sortie de l'Oued el Abiod, au lieu dit Tahouda. La bataille de Tahouda est une victoire complète pour les troupes berbères. Surtout, Oqba ibn Naafa est tué lors de l'affrontement. La mort en 683 de ce général qui avait dirigé l'invasion d'une poigne de fer depuis 670 signe la fin des premières incursions arabes en Afrique du Nord. La paix revenue, Koceïla règne alors sur les Aurès et une large partie de l'est algérien actuel jusqu'à sa mort en 686, au cours d'une bataille durant la deuxième invasion arabe, dirigée par Zohaïr ibn Qaïs.

Si, pour les populations arabisées d'Afrique du Nord, Oqba ibn Naafa est devenu un saint (une ville, Sidi Oqba, ayant même été fondée près du lieu de sa mort, à Tahouda, dans les environs de l'actuelle Biskra), la mémoire de Koceïla reste vivace chez les berbérophones, qui en on fait un symbole de la résistance à l'arabisation forcée.

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