La Kabylie du rebelle kabyle Matoub LOUNES
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Matoub Lounès, Le Rebelle

Le chanteur Matoub Lounès ayant fait son service militaire à Oran,évoque cette période.

Page 59-60: "Une fois j'ai pris la défense d'un Kabyle qu’un gradé harcelait (..) Le sergent chargé de l'instruction a posé une question à un paysan illettré de Tizi-Ouzou. Il savait qu'il ne comprenait pas le moindre mot. J'ai essayé de lui venir en aide. Le sergent m'a littéralement insulté, ce qui amusa fort bien les autres soldats. Pour m'être mêlé de ce qui ne me regardait pas, j'ai été puni. J'ai dû faire une marche en canard sur cinquante mètres, puis ramper sur des tessons de verre pendant plusieurs minutes, les manches de chemise et le bas du pantalon remonté. Une fois la punition terminée, mes coudes, mes genoux étaient en sang. Et ce n'est qu'un exemple....."

Page 63-64:
"Après son service militaire, le jeune Algérien devait avoir compris que le seul moyen pour lui d'avoir la paix, était de se soumettre. Avec moi, le résultat fut rigoureusement inverse: à ma démobilisation, j'étais plus révolté que jamais ..."

Page 96:
"En 1985, j'avais de grosses difficultés avec un producteur, les Éditions Disco Laser, qui m'escroquait et me devait beaucoup d'argent. J'enregistrais à l'époque un disque à Nogent-sur-Marne et je rentrais assez tard à mon hôtel près de Barbès.
Un soir, je trouve le producteur qui m'attendait à la réception de l'hôtel. Sous sa veste je vois un couteau. Il commence à m’insulter. Peut-être avait-il bu, en tout cas, je sentais que les choses commençaient à mal tourner. J'avais, moi aussi,un couteau dans ma chambre. Sous un prétexte quelconque, je monte le chercher. En redescendant, je constate que mon producteur, loin de se calmer, me provoque de plus belle (..)
Nous sortons, nos couteaux dans nos mains (...) Dès qu'une voiture passait, nous faisions comme si de rien n'était. Aussitôt après, la bagarre reprenait avec plus d'énergie. A un moment donné, je le touche à l'abdomen. Il s'écroule.
Affolé, je me suis enfui. Je suis allé dans une boite de nuit où j'ai essayé de réfléchir: il fallait que je quitte le pays. J'ai pensé rejoindre Annemasse où j'avais des amis et de là, gagner l'aéroport de Genève pour prendre le premier avion vers Alger. Au petit matin, je suis retourné à l'hôtel récupérer mes affaires. En passant à la réception, j’ai deviné quelque chose de bizarre. Je suis monté dans ma chambre pour faire ma valise, et là j'ai entendu une voix qui me disait:"Si tu bouges, je t'éclate ta tête. "Evidemment je n'ai pas bougé. C'était un flic en civil qui m’attendait (...)
Le lendemain, je me retrouve à la prison de la Santé (..)
Enfin, quatre semaines plus tard, je suis convoqué chez le directeur (..) Il m'annonçait que j'étais libéré: le producteur, légèrement blessé, était un multirécidiviste de l'arme blanche. Aucune charge n'était retenue contre moi....."

Page 101:
"On me considère comme le chanteur le plus populaire de mon pays, et pourtant je reste interdit d'antenne. Paradoxe étonnant....."

Page 111-->Page 115(Lorsqu'il a reçu les balles en octobre 1988):
"Le 9 octobre, nous décidons de nous réunir devant l'université de Tizi-Ouzou pour diffuser un tract appelant la population au calme et à 2 journées de grève générale en signe de soutien aux manifestants d'Alger(..)

Je prends un paquet de tracts à distribuer et je monte dans ma voiture. Deux étudiants m'accompagnaient. Quelques kilomètres avant Michelet (ville kabyle), une Land Rover venant en sens inverse fonce droit sur nous. C'était un véhicule de la gendarmerie. Nous avions étés repérés. Mon objectif était d'atteindre Michelet où, croyais-je, les gendarmes hésiteraient sans doute à nous arrêter en pleine ville(..)

Tout à coup, éclate une détonation. Dans le rétroviseur, je vois un des occupants de la Land Rover sortir la tête de la voiture. Je m'arrête brusquement. Les gendarmes, surpris, heurtent mon pare-chocs arrière. Furieux, ils sortent et commencent à m'insulter, tout en passant les menottes aux 2 étudiants qui m'accompagnaient. Je pensais que j'allais subir le même traitement. Pas du tout. Après les insultes viennent les crachats. En arabe, ils me traitent de "fils de bâtard". Soudain, l'un d'entre eux s'approche de moi, il ajuste son arme et me tire à un mètre de distance un balle dans le bras. L'impact me fait vaciller (..)
Une balle m'a traversé l'intestin et fait éclater le fémur droit. Je ne sentais plus ma jambe. Je me suis effondré. Puis, je me souviens qu'on m'a jeté dans la Land Rover, sans aucun ménagement (..)

Les gendarmes m'ont malgré tout emmené à l'hôpital de Michelet, un hôpital petit et mal équipé. En arrivant dans la cour, je me rappelle qu'ils ont crié au personnel médical, en arabe: "Tenez, le voilà votre fils de chien!"...."

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